sandrine57

Lectrice compulsive d'une quarantaine d'années, mère au foyer.

Un été à Coppet

Editions de Fallois

18,50
28 septembre 2012

Été 1816. Napoléon est prisonnier à Sainte-Hélène et sa plus virulente ennemie, Germaine de Staël est en exil en Suisse, dans son château de Coppet. En France, Louis XVIII règne mais la Chambre,ultra-royaliste, accapare le pouvoir et les Alliés ( Angleterre, Prusse, Autriche) occupent le territoire militairement. Sur les bords du lac Léman, Mme de Staël s'inquiète pour un pays qu'elle aime et que son père, Necker, a aimé avant elle. Avec son groupe d'amis, des genevois pour la plupart, et sa proche famille, elle décide de monter "La mort de César", une pièce de Voltaire.

Sous couvert d'un simple divertissement, elle entend comparer César et Napoléon et démontrer que la tyrannie de l'Empereur était finalement un moindre mal comparée à tout ce qu'il a apporté à la France. La femme éprise de démocratie et de libertés ne supporte pas le régime en place et, la farouche opposante,qu'elle fut, en vient à défendre le célèbre exilé. Elle entend d'ailleurs rédiger un pamphlet pour appeler les parisiens et les français à ne pas oublier Napoléon et ses bienfaits.

Bienvenue chez Mme de Staël! A Coppet ou à Paris, la femme de lettres, intellectuelle brillante, reçoit les grands du monde. Politiques, écrivains, militaires, poètes,tous se bousculent à sa porte pour parler du destin de la France, débattre de politique, remuer des idées nouvelles. Et Germaine de Staël relate les faits, petits et grands, dans des lettres,jamais envoyées, qu'elle adresse à "My Dear Duchess", Claire de Duras, comme elle, femme de lettres ayant quitté Paris. C'est cette intimité que nous fait découvrir Erik EGNELL dans un texte écrit avec le plus grand soin. Dans la peau de Mme de Staël, il manie la langue française comme elle l'aurait fait elle-même. Termes désuets, tournures alambiquées, imparfait du subjonctif....rendent la lecture difficile. Non, Un été à Coppet n'est pas un page-turner! Il faut lire attentivement chaque mot, chaque phrase pour bien assimiler et comprendre. 212 pages à peine mais qui demandent le temps de déguster un style riche, ampoulé parfois, qui ne fait plus partie de nos habitudes de lecture.
Ces quelques mois dans la vie d'une femme d'envergure manquent tout de même d'un petit quelque chose pour nous la rendre attachante... Brillante, sûre de son fait, elle apparaît trop souvent comme imbue d'elle-même, froide, seule détentrice de la vérité et ses rares moments de faiblesse (une pointe de jalousie quand une poètesse approche de trop près son compagnon, par exemple) ne suffisent pas à faire d'elle une femme aimable, malgré ses qualités d'hospitalité et son sens de l'amitié.
Un livre difficile d'accès et qui nécessite des connaissances historiques préalables pour comprendre les sous-entendus, les non-dits et le contexte politique de l'époque.

Pike

Whitmer, Benjamin

Éditions Gallmeister

27 septembre 2012

Douglas Pike a pas mal roulé sa bosse et n'a pas fait que le bien autour de lui. Ses méfaits font dorénavant partie du passé, il est revenu dans l'Ohio, à Nanticote, sa ville natale où il vit de petits boulots, toujours accompagné de Rory, un jeune paumé qui rêve de devenir boxeur professionnel. Leur train-train est sérieusement chamboulé le jour où débarque Wendy, la petite-fille de Pike, qui vient de perdre sa mère, Sarah, victime d'une overdose. Pike est la seule famille qui lui reste et il décide de la garder avec lui, même si a priori la gamine a l'air du genre teigneux et difficile. Tout aurait pu en rester là sans l'intervention de Derrick Krieger. Ce flic, violent et corrompu, s'intéresse de trop prêt à Wendy. C'en est assez pour Pike qui décide d'aller à Cincinnati, regarder de plus près comment Sarah est morte.

Du noir, du très noir pour ce premier roman de Benjamin WHITMER dans lequel on plonge en apnée vers les profondeurs de la bassesse humaine. Les hommes sont rudes, durs au mal, cyniques, violents et n'hésitent pas à tuer celui qui viendrait faire obstacle à leurs plans. Les filles se droguent, se prostituent pour payer leurs doses. Les flics ont la gâchette facile, sont dealers ou proxénètes. A Cincinatti, dans les squats où cohabitent SDF, poivrots et drogués, une femme même morte peut servir à prendre du plaisir et un cadavre ne repose pas en paix tant que son odeur n'alerte pas les autorités. Dans les rues, les flics tirent à vue sur les dealers qui travaillent pour eux et qui auraient eu l'inconscience de grapiller une petite part du magot. Dans les bois, les vétérans du Vietnam revivent cent fois leur guerre dans des campements de fortune. Tout n'est que violence brute et animale.Celui qui croit avoir connu le pire sait que le pire est encore à venir, l'espoir n'existe pas...
Grâce à une écriture sobre et efficace, des chapitres courts et incisifs, on dévore ce roman âpre et sombre mais on tourne la dernière page avec soulagement, c'est si bon de respirer à nouveau!
Une très belle découverte que je recommande vivement au lecteur suffisamment armé pour supporter toute cette misère humaine.

1, Nanja Monja - Tome 01
7,60
26 septembre 2012

C'est sur une colline, un peu à l'écart du village de Hananoki, que Taro vit seul depuis la mort du grand-père qui l'a élevé. Livré à lui-même, il a quitté le collège pour s'occuper de l'épicerie familiale mais, sans revenus fixes, il va devoir se résoudre à quitter sa colline, sa maison, ses souvenirs.
Une nuit, sa vie va être bouleversée quand il voit une jeune fille qui tombe du Nanja Monja, l'arbre sacré du village. Arrivée sur place, il ne trouve que ses vêtements. Mais il n'est pas au bout de ses surprises quand de retour chez lui, il retrouve la fille dans sa boîte à riz! Par un phénomène qu'elle ne s'explique pas, elle est devenue si petite qu'elle tient dans le creux d'une main!

Quelle merveille que ce manga sur lequel je suis tombée totalement par hasard. Dès les premiers dessins, on est transporté dans un univers merveilleux qui ne peut que faire penser aux animés des studios Ghibli. Un petit village préservé, une nature luxuriante, des habitants sympathiques, solidaires et attachants et un peuple d'êtres miniatures font de ce manga un délicieux moment de lecture et de rêverie, propice à retrouver son âme d'enfant.
J'ai adoré ce premier tome et je compte lire la suite très vite.

3, Dengeki Daisy T03
26 septembre 2012

Double séparation pour Teru et Kurosaki puisque d'une part la jeune fille quitte son appartement pour s'installer avec Riko et que d'autre part elle se rend en camp d'été pour quelques jours. Mais ses pensées restent auprès de Kurosaki qu'elle aime et de Daisy pour qui elle achète même une boîte à musique.

Troisième tome de la série et mon intérêt ne faiblit pas.
Teru, que je pensais un peu naïve, s'avère plus perspicace que prévu et sait déjouer les pièges tendus par les anciens collègues de son frère toujours à la recherche du supposé logiciel qu'il aurait crée avant de mourir. Elle commence aussi sérieusement à s'interroger sur l'identité de son mystérieux correspondant...
Kurosaki, qui reste mon personnage préféré, lutte de toutes ses forces contre ses sentiments mais ce n'est pas toujours facile de résister à la fragilité de Teru et il se laisse parfois aller à des gestes de tendresse qui laissent la jeune fille dubitative. Sa façon de souffler le chaud et le froid est difficile à interpréter pour Teru qui est encore bien jeune et manque d'expérience.
J'ai pourtant hâte que ces deux-là s'avouent leur amour même si l'on sait que la partie n'est pas gagnée. Outre son identité, Kurosaki cache un terrible secret dont on sait juste qu'il a un rapport avec le frère de Teru.
A la fin du tome, Teru fait une découverte (dont je ne dirai rien!) qui pourrait bien changer leurs futurs rapports...
En conclusion, IL ME FAUT LA SUITE! VITE!

Le Treizième Conte

Setterfield, Diane

Pocket

8,40
26 septembre 2012

Margaret Lea tient avec son père une librairie spécialisée dans les ouvrages rares et anciens. Passionnée de littérature anglaise du XIXème siècle, elle est aussi biographe amateur mais s'est jusqu'à présent toujours limitée aux auteurs décédés. Aussi est elle très étonnée le jour où elle reçoit une lettre de Vida Winter. La célèbre auteure à succès la convie chez elle, dans le Yorkshire, afin d'y rédiger sa biographie. Pour la première fois, la vieille dame souhaite dire toute la vérité sur sa vie et ses origines restées mystérieuses jusque là. Plus ou moins persuadée de refuser mais poussée par la curiosité, Margaret entreprend le voyage. Et, bien sûr, elle va rester, écouter et écrire.

Etrange dame que cette Vida Winter qui, même malade et en bout de vie, reste maîtresse d'elle-même et de la situation. Depuis des décennies, elle envoûte ses lecteurs avec ses histoires et elle va faire de même en racontant la sienne. C'est en conteuse qu'elle livre ses secrets à la jeune Margaret qui a pour consigne de ne jamais poser de questions, de simplement suivre le récit de cette vie extraordinaire qui trouve ses origines dans un lointain passé. Avec elle, le lecteur est embarqué dans cette atmosphère de folie, dans le domaine des Angelfield chargé d'histoires, de passions contre nature, d'identités contrariées. A écouter ainsi, Margaret trouve la force d'affronter sa propre enfance marquée par l'absence d'amour de sa mère...
Roman d'ambiance, intrigue à tiroirs, histoire romantique, conte gothique, Le treizième conte est tout cela à la fois et bien plus encore. Il ravira tous ceux qui aiment les livres, les librairies, les chats, les soeurs Brontë, le mystère, etc.