sandrine57

Lectrice compulsive d'une quarantaine d'années, mère au foyer.

La maison en pain d'épices
7,50
26 septembre 2012

Une mauvaise chute, une fracture du col du fémur, un séjour à l'hôpital et voilà Ingrid Olsson prête réintégrer ses quartiers. Mais son retour à la maison est considérablement perturbé par la découverte du cadavre d'un inconnu dans sa cuisine!
Pour le commissaire Conny Sjöberg et son équipe, l'affaire n'est pas si simple. La victime était un agent immobilier sans histoires et apprécié de tous. Mais il faut trouver et vite! Les meurtres s'enchaînent, sans lien apparent, sans modes opératoires identiques. Une seule constante: toutes les victimes ont 44 ans.

Tout commençait bien: des meurtres, une équipe d'enquêteurs dynamiques, un commissaire sympathique, bien dans sa vie et dans sa famille, et de temps en temps, la voix du tueur pour raconter comment, de victime, il est devenu bourreau. Et puis patatras! Par un procédé tout à fait discutable -et maladroit-Carin GERHARDSEN nous livre le tueur, mais ce n'est pas celui auquel on s'attendait! Volonté maladroite de surprendre le lecteur mais qui le fait plutôt passé pour un crétin qui n'a pas su voir THE indice qui se cachait sans doute dans les toutes premières pages. Mais je ne suis pas Colombo moi! Je n'ai rien vu venir et la fin ne m'a pas convaincue, elle m'a même déçue et énervée!
Alors je ne dis pas que je ne lirai pas la suite des enquêtes de Conny et ses adjoints mais il va falloir que l'auteure change de ficelles si elle veut étonner tout en restant crédible!

La mort n'attend pas

James, Peter

Pocket

8,70
26 septembre 2012

A Brighton, deux femmes vont vivre leur pire cauchemar.
Lynn est confrontée à la maladie de sa fille qui atteint le seuil critique. Seule une greffe du foie peut la sauver mais les donneurs sont rares, d'autant que Caitlin a un groupe sanguin peu répandu. Mais Lynn est prête à remuer ciel et terre pour sauver sa fille, quitte à s'éloigner de la légalité.
Susan, enceinte de 6 mois, se méfie depuis toujours de la moto de Nat, son compagnon. D'ailleurs, il a promis de la revendre pour acheter une voiture familiale qui sera assurément plus pratique avec l'arrivée du bébé. Mais, un accident de la route va l'empêcher de réaliser ce projet. Nat est en mort cérébrale et, malgré l'espoir auquel elle veut s'accrocher, Susan sait bien que c'est la fin.

Loin de là, en Roumanie, les enfants des rues tentent de survivre à la faim, à la misère, à la solitude. Certains ont la "chance" de croiser la route d'une fée blonde, Marlene Hartmann. Par amour pour ces enfants perdus, cette belle allemande est prête à offrir aux volontaires une nouvelle vie en Angleterre. La petite Simona fait partie des heureux élus. Elle rêve déjà d'un appartement et d'un travail dans un hôtel.

A Brighton encore, un corps est retrouvé en mer, celui d'un adolescent délesté de tous ses organes vitaux. Sans le moindre indice sur son identité, le commissaire Roy Grace s'attaque à une enquête difficile qui va le mener vers la noirceur des hommes qui s'enrichissent de la misère humaine.

Ce cinquième opus des enquêtes du commissire Roy Grace de la police de Brighton fait plus dans l'efficacité que dans l'originalité. En effet, le sujet du trafic d'organes a déjà été maintes fois exploité en littérature comme au cinéma. Donc, quand Peter JAMES nous présente en même temps une adolescente anglaise en attente de greffe et une jeune roumaine alpaguée par une organisation qui lui fait passer divers tests médicaux, il ne faut pas être devin pour voir où tout cela va nous mener. Ceci dit, l'intrigue est bien menée, les personnages de victime très touchants: Caitlin qui cache sa peur sous son agressivité, sa réticence à recevoir l'organe d'un mort, Simona qui ne peut susciter que la compassion devant les épreuves que la vie lui a réservées malgré son jeune âge et aussi Lynn, la mère aux abois, prête à tout -même au pire- pour sauver sa fille. Autant il est difficile d'accepter ses actes, autant il est impossible de la juger.
Mais, autant l'avouer sans honte, si je lis les romans de Peter James, ce n'est pas pour les enquêtes, c'est pour Roy Grace, son héros. Cet homme me touche depuis le début. Avec lui, j'ai envie de savoir ce qui est arrivé à sa femme Sandy, disparue sans laisser de trace depuis 10 ans. Et cette fois-ci, les choses avancent un peu puisqu'enfin on en apprend un peu plus sur cette disparition. Les choses bougent, avancent et la vie de Roy prend un nouveau tournant. De ce point de vue, le livre est une totale réussite et j'ai bien sûr très envie d'en apprendre encore davantage. Je lirai donc la suite, sans doute possible.

Tout pour être heureux (Un coup à prendre)
26 septembre 2012

Après dix années de vie commune et deux petites filles, Antoine Duhamel s'ennuie avec Alice. Aussi quand il rencontre par hasard une femme plus belle, plus jeune, plus mince, plus libre, il n'hésite pas très longtemps. Pour Lara, il plaque tout. Une nouvelle vie commence mais elle est bien loin de l'idéal de liberté qu'il s'était imaginé.

Xavier de MOULINS m'avait enchantée avec Ce parfait ciel bleu, c'est donc sans hésitation que je me suis précipitée sur son premier titre. J'y ai donc retrouvé Antoine Duhamel, ses doutes, ses lâchetés, ses contradictions, ses espoirs.
Après l'euphorie de la liberté retrouvée, voilà Antoine confronté à sa solitude, aux contingences matérielles et surtout à ses filles, qu'il avait plus ou moins négligées jusqu'ici. Au fur et à mesure de son installation dans cette nouvelle vie, il découvre qu'Alice n'était pas seulement l'épouse trop grosse et trop autoritaire qu'il ne désirait plus. Non, Alice était aussi cuisinière, banquière, gestionnaire du quotidien et maman. Sans elle, il fait l'apprentissage de l'indépendance et du métier de père. Ses filles, ces inconnues qui partagent désormais sa vie une semaine sur deux, vont faire de lui un père, imparfait certes, mais enfin concerné. Ses maladresses sont tout aussi touchantes que son évolution vers l'équilibre nécessaire entre ses problèmes d'adulte et leurs besoins d'enfant.
Même si les idées et l'écriture semblent moins abouties -faiblesse du premier roman, sans doute- j'ai retrouvé dans ce livre les fines descriptions des petites choses de la vie, les petites phrases géniales, la lucidité, l'ironie désabusée de Xavier de MOULINS qui décidément a su me charmer par deux fois. Un auteur à suivre, sensible, touchant, drôle et dans l'air du temps.

Le Temps de la sorcière, roman
26 septembre 2012

Einar, reporter pour le Journal du Soir de Reykjavik, a été prié, par sa hiérarchie, d'aller soigner son alcoolisme et son sale caractère en province. Le voilà donc à Akureyri, dans le nord de l'Islande pour y ouvrir une antenne locale. Dans son exil, il est accompagné par Joa, une sympathique photographe et par Asbjörn, plus ou moins répudié lui aussi et en tout cas déchu de son poste de rédacteur en chef. Pour Einar, le choc est rude: il a laissé sa fille dans la capitale, il déteste travaillé avec Asbjörn, il se défend de boire une goutte d'alcool et il s'ennuie dans une région plutôt calme. Réduit à rendre compte d'évènements banals, comme les bagarres alcoolisées du samedi soir ou le spectacle théâtral monté par les élèves du lycée, Einar tourne en rond. Pourtant, deux faits divers vont le sortir de sa torpeur: le décès accidentel d'une femme lors d'une excursion d'entreprise et la disparition inquiétante de Skarphedinn, le jeune homme qui tenait le rôle titre dans "Loftur le sorcier", la pièce choisie par le lycée.

Quels sont les évènements qui ont amené Einar à cet exil forcé? Que s'est-il passé avec sa fille lors de leurs dernières vacances à l'étranger? Pourquoi Einar a-t-il décidé d'arrêter de boire? Toutes ces questions (et bien d'autres) ne trouveront pas de réponse dans ce livre puisque l'éditeur a décidé, sans me consulter, de publier le quatrième roman de la série, faisant fi du passé d'Einar et du respect du lecteur. Je râle surtout pour le principe puisque finalement cela ne gêne pas trop la lecture. Je cueille Einar au départ de sa nouvelle vie et c'est à partir de là que je vais désormais le suivre. Assidûment qui plus est! Parce qu'Einar est le genre de personnage que j'aime particulièrement, caustique, sarcastique, jamais avare d'un bon mot, quitte à blesser son interlocuteur. Adepte de l'humour un peu vachard, le journaliste savoure spécialement les coups de fil de son nouveau rédacteur en chef qu'il aime remettre à sa place. Mais derrière son flegme désabusé, Einar est aussi un coeur tendre sensible au chagrin d'une mère qui a perdu sa fille, à celui d'un frère en deuil et même, à son corps défendant, enclin à revoir son jugement sur son collègue Asbjörn. D'autant que le brave homme est l'ami d'enfance du commissaire de la ville, source potentielle d'informations.
Mais outre des personnages bien campés et un humour certain, Arni THORARINSSON nous fait aussi découvrir une autre Islande, une île qui, bien qu'isolée, n'est pas épargnée par la mondialisation et ses conséquences souvent néfastes, une nation qui oscille entre xénophobie et intégration, une société partagée entre modernité et traditions, entre le matérialisme et la magie.
J'ai donc passé un excellent moment avec cet écrivain que je découvre et que je compte relire dès que possible.

Effets secondaires probables

Burroughs, Augusten

Héloïse d'Ormesson

22,00
26 septembre 2012

Hypocondriaque, stressé, capricieux, geignard, peureux,velléitaire, bordélique -et j'en passe- tel est Augusten BURROUGHS dans toute sa splendeur!
Les meilleurs d'entre nous le plaindront, les plus cyniques le détesteront...mais tout n'est pas aussi simple! Augusten est sauvé par un humour ravageur et un sens aigu de l'auto-dérision qui font de ces chroniques un délicieux moment de lecture.


Faut dire qu'il en faut de l'humour quand on a grandi dans la famille Burroughs! Avec une mère artiste peintre parfois,maniaco-dépressive toujours, un père distant, indifférent au point de se laisser insulter par ses enfants sans broncher et un grand frère autiste génial, mégalomane et pervers, il en a fallu du courage à Augusten pour survivre. Alors si il était un enfant terrorisé par la petite souris, un petit rebelle prêt à tout pour être noir, un gamin odieux avec sa grand-mère mais amoureux fou d'une dermatologue grande brûlée, et, plus tard un adulte alcoolique, drogué, accro au Macdo, publicitaire faute de mieux et vivant dans un appartement envahi par les ordures...et bien c'est un moindre mal! D'autant qu'il garde toujours une certaine distance, une conscience de ses faiblesses, une ironie pince-sans-rire qui lui permettront de sortir de son marasme, de trouver une sorte d'équilibre grâce à l'écriture et à l'amour de Dennis, homme solide et réconfortant, prêt à canaliser ses débordements et à tolérer ses manies. Admiré par ses lecteurs, aimé par Dennis, entouré de ses chiens, Augusten reste un doux dingue, certes, mais ça aurait pu être pire!
"Mes amis, mes amours, mes emmerdes" et ma famille, sous la plume de BURROUGHS, donnent un cocktail détonant à lire sans modération!