sandrine57

Lectrice compulsive d'une quarantaine d'années, mère au foyer.

Pompéi, roman

roman

Pocket

7,90
12 août 2019

Issu d'une longue lignée d'ingénieurs des eaux, Marcus Attilius Primus n'est pas peu fier d'avoir été nommé, malgré son jeune âge, aquarius de l'Aqua Augsta qui alimente en eau toutes les villes de la baie de Naples. Pourtant, sa prise de fonction se fait dans la douleur. Son prédécesseur a disparu, l'équipe lui est hostile et les problèmes sur l'aqueduc s'accumulent. Certes ce mois d'août de l'an 79 est particulièrement étouffant et sec mais cela explique-t-il que les réserves soient presque à sec et que l'eau restante sente le soufre ? Soutenu par l'amiral Caius Plinius -Pline- Attilius ferme les vannes et se rend à Pompéi pour trouver la faille sur l'aqueduc. Là-bas, l'eau et l'argent coule à flots. La ville marchande semble florissante, frivole et vénale aux yeux d'Attilius qui accepte de mauvaise grâce l'aide d'Ampliatus, un esclave affranchi qui dirige Pompéi en sous-mains. L'homme est détestable et autoritaire, il n'a de bon que Corelia, sa fille si belle qu'elle ébranle l'aquarius, jeune veuf qui ne pensait plus à l'amour depuis le décès de son épouse. Mais l'heure n'est pas aux sentiments, Attilius a une tâche à mener à bien et les éléments se liguent contre lui. La terre tremble et le Vésuve, montagne paisible en apparence, pourrait être aussi dangereux que l'Etna sicilien. Personne ne le sait encore à Pompéi mais les heures de la ville sont comptées...

Roman historique ou docu-fiction, Pompéi raconte les deux derniers jours de la ville de Pompéi, avant le fatal réveil du Vésuve. Point de suspense donc, puisqu'on connaît déjà l'issue dramatique pour la ville et ses habitants. Robert Harris choisit de raconter la catastrophe du point de vue d'un jeune ingénieur des eaux venu de Rome qui découvre la région et surtout Pompéi, la ville de tous les excès où les jeux de pouvoir sont menés de main de maître par l'odieux Ampliatus, un ancien esclave qui a une revanche à prendre sur la vie.
Le roman vaut surtout pour les descriptions techniques de l'acheminement de l'eau par les aqueducs et le souci apporté pour rendre compte très précisément de l'éruption du Vésuve. Sinon, Harris ne donne pas dans la finesse : des affrontements entre les bons et les méchants, un soupçon de romance et une fin trop vite expédiée.
Une lecture très instructive mais qui manque de souffle romanesque.

Lou ! - Tome 08, En route vers de nouvelles aventures

En route vers de nouvelles aventures

Glénat BD

10,50
2 août 2019

Constamment entourée par sa famille et ses amis, Lou a besoin de se retrouver seule pour faire le point sur sa vie. Le temps d'un road-trip, la jeune fille va découvrir de nouvelles villes, de nouveaux visages et se confronter aux grandes questions existentielles qu'elle se pose.

Retour aux fondamentaux pour Julien Neel qui renoue avec un scénario plus cohérent et des dessins plus soignés. Si les fameux cristaux qui avaient laissé les lecteurs plus que perplexes sont évoqués, c'est juste pour signaler leur disparition (aussi inexpliquée que leur apparition d'ailleurs). Malgré cela, ce tome reste faible. Lou voyage, fait la fête, rencontre un chien, pense à sa mère, à son enfance et rentre chez elle. Rien de bien palpitant... Heureusement, Neel a soigné ses décors et on retrouve avec bonheur ses dessins pastels, soignés et précis. Après le flop des deux derniers albums, celui-ci fait du bien même si on en attendait un peu plus. Un cycle s'achève, espérons que la suite saura être à la hauteur.

Ni d'Ève ni d'Adam, roman

roman

Le Livre de Poche

6,30
30 juillet 2019

En 1989, Amélie revient au Japon après seize années d'absence. Elle avait 5 ans quand elle a quitté ce pays où elle est née pour suivre ses parents en Belgique. C'est avec jubilation qu'elle retrouve sa terre natale et qu'elle prononce ses premiers mots dans un japonais un peu rouillé. Pour s'améliorer et rencontrer des autochtones, il lui semble que donner des cours de français est la meilleure des solutions. Son premier élève est Rinri, un jeune homme de son âge, bien sous tous rapports, qui très vite l'intègre à son cercle d'amis, tombe amoureux d'elle et lui demande sa main. Désormais fiancée, Amélie vit un véritable choc des cultures. Sa façon de lui faire la cour, les dîners en famille ou en tête-à-tête, les week-end en amoureux, elle doit assimiler tous les codes d'une relation avec un Japonais. Et pendant qu'elle profite du pays, escalade le Mont Fuji, maîtrise de mieux en mieux la langue, trouve même un emploi, Rinri pense au mariage. Amélie temporise mais, un matin, par inadvertance, elle dit oui. La jeune fille est piégée ! Comment se sortir de cette situation délicate ?

C'est l'histoire d'Amélie Nothomb, fictive ou inventée, en terre nippone. Elle vit des aventures nippones, déguste la cuisine nippone, visite des villes nippones, pratique la langue nippone, fréquente des Nippones et des Nippons, travaille dans une entreprise nippone, est fiancée à un Nippon. Bref, à elle la belle vie nippone.
À part ce manque flagrant de vocabulaire et quelques clichés enfilés comme des perles sur la culture et les mœurs japonaises, on découvre aussi ses qualités d'alpiniste émérite et sa profonde lâcheté. Le pauvre Rinri fait d'ailleurs les frais des deux facettes de sa personnalité. Il souffre sur le Mont Fuji et il souffre d'un amour non payé de retour.
Comme tous ses romans, celui-ci se lit très vite et évite le naufrage grâce à l'humour et l'auto-dérision de l'auteure belge. Rien d'extraordinaire.

L'amie prodigieuse, IV : L'enfant perdue, Maturité, vieillesse
9,00
29 juillet 2019

Pour vivre pleinement son amour avec Nino, Lena n'a pas hésité à quitter mari et enfants. Auteure reconnue, elle multiplie les conférences et les séances de lecture aux quatre coins de l'Italie et même en Europe, à seule fin de se ménager des escapades avec son amant. Sans souci du sévère jugement de sa mère ou des mises en garde de Lila, la jeune femme ne songe plus qu'à s'installer avec Nino qui la veut près de lui à Naples. Mais Lena n'est pas prête à retrouver cette ville qu'elle a fuie sans désir de retour. Naples l'étouffe, Naples l'enferme dans son passé, Naples lui fait peur. Et à Naples, il y a Lila... Les deux amies ne se fréquentent plus guère. Même si Lila, installée dans le quartier de leur enfance, ne cesse de la relancer, Lena fait la sourde oreille, soucieuse de son indépendance, de sa liberté retrouvée, de son bonheur...

Avec "L'enfant perdue", Elena Ferrante clôt en beauté sa magistrale saga napolitaine. Même si les deux amies sont un temps séparées, on y retrouve tout le sel de cette amitié particulière avec en toile de fond les évènements qui ont secoué l'Italie au fil des années. Pour Lena, toute tentative de rébellion a été étouffée par les contingences de la vie domestique et, avec la maturité, viennent la prudence et des positions politiques moins tranchées. L'auteure se veut toujours de gauche et prête à défendre la cause des femmes, mais elle préfère éviter les polémiques. Plus téméraire, Lila a prouvé par les actes que les femmes peuvent sortir de leurs cuisines. À la tête d'une entreprise innovante, elle est devenue une figure respectée du quartier qu'elle tente de libérer du joug des frères Solara.
Lena et Lila vont finir par se retrouver, partager à nouveau ce lien étrange, fait d'amour, de haine, de rivalité, d'envie. Pour le meilleur et pour le pire.
Pertes, deuils, trahisons... rien ne leur sera épargné et chacune va devoir vieillir avec ses blessures.

Le vieil homme et la mer
26 juillet 2019

Quatre-vingt-quatre jours...Quatre-vingt-quatre jours que Santiago, le vieux pêcheur, n'a pas fait une prise. Il a la guigne et les parents de Manolin, le gamin qui l'accompagne en mer depuis ces 5 ans, l'ont sommé de trouver un autre bateau, un patron plus chanceux qui ramène du poisson. Mais Santiago ne désespère pas, ce quatre-vingt-cinquième jour sera le bon. Il se lèvera au milieu de la nuit, il ira loin sur la mer, il rapportera une prise digne du grand pêcheur qu'il a toujours été et qu'il est encore. Et, à force de patience, Santiago en tient un ! Un poisson énorme, un espadon comme on n'en a jamais vu ! Une bête énorme qui va lutter pendant trois jours et trois nuits.

On pourrait s'émouvoir sur le sort de ce vieil homme malchanceux qui a tout donné à son métier de pêcheur et n'en a pas retiré grand chose. On pourrait s'apitoyer sur ses os brisés par des années d'efforts, ses chairs meurtries par les lignes et les cordages. On pourrait philosopher avec lui sur la place de l'homme dans l'univers, sur son éventuelle supériorité sur les poissons. On pourrait vibrer devant cette lutte à mort entre le pêcheur et l'espadon, chacun luttant de toutes ses forces pour sa survie. On pourrait tant de choses en lisant Hemingway, conditionné à être ébloui par une œuvre encensée, par un auteur nobélisé. Et pourtant...Quel ennui ! Même racontée par le grand homme, la pêche reste la pêche, une activité monotone qui nécessité des tonnes de patience. Entre l'avalanche de termes liés à la navigation et à ladite pêche et une écriture aussi plate qu'une mer d'huile, on a vite fait de sombrer corps et biens dans un océan de lassitude. Heureusement, le roman est court et Manolin, le gamin qui prend soin de Santiago, met un peu de sentiments dans ce récit sans grande saveur. Sa gentillesse, sa gratitude, sa fidélité nous rendent le vieux un peu plus attachant.
Un rendez-vous manqué avec Hemingway... Dommage.