Laurence G.

Libraire passionnée à Epinal depuis 2013.

David Heska Wanbli Weiden

Éditions Gallmeister

10,80
par (Au moulin des Lettres)
31 juillet 2022

UN 1er ROMAN NOIR TRES REUSSI SUR LE SORT DES AMERINDIENS AUJOURD'HUI

Ce premier roman de Heska Wanbli Weiden nous ouvre tout grand les portes de la réserve indienne du Dakota du Sud, Rosebud, où vivent les Indiens Lakotas, véritable nom des Sioux. Entre pauvreté, chômage et alcoolisme, les hommes de la réserve ne sont pas au meilleur de leur forme. Parmi eux, Virgil Wounded Horse essaye de s’en sortir en proposant ses services comme « homme de main » : il s’occupe de venger des familles volées ou des femmes battues. Son maigre salaire arrive à les faire vivre lui et son neveu de 14 ans, Nathan, dont il est le tuteur depuis la mort tragique de la mère du garçon.
Aux côtés de Virgil on découvre d’autres personnages bien campés qui tentent de faire changer les mentalités et les habitudes, ainsi Marie, ex petite amie de Virgil, est-elle d’une honnêteté sans faille. Elle essaye également de maintenir les traditions de leur peuple vivaces et se bat pour que les familles les plus démunies aient accès à une nourriture correcte.
Quand un cartel mexicain essaye d’introduire de l’héroïne presque pure auprès des jeunes lycéens de la réserve, Nathan en étant l’une des victimes, Virgil se lance sur la piste de celui qui a introduit le cartel dans la réserve et lui promet un sale quart d’heure. Mais ceux qui tirent les ficelles ne sont pas toujours ceux que l’on croit...
Heska Wanbli Weiden réalise une plongée dans le quotidien des Indiens de la réserve, qui entre modernité et traditions, cherchent à survivre et à conserver leur dignité avec le peu qu’ils leur restent. Les rituels sont dépeints le plus justement possible afin de nous faire découvrir cet aspect de leur vie. Si l’intrigue semble assez banale, les personnages sont vraisemblables et les descriptions de leurs conditions de vie réalistes. Le suspens est fort bien mené pour ce roman qui frise le noir et la tension finale est totalement réussie. Si j’émets un petit bémol pour la traduction, « Justice indienne » reste un excellent roman et un beau coup de coeur.

Dépaysage

18,00
par (Au moulin des Lettres)
31 juillet 2022

UN TRES BEAU ROMAN QUEBECOIS !

Québec, territoire des Innus : Almanda, née en 1882, a 15 ans quand elle choisit de quitter la ferme familiale et le monde paysan sédentaire pour découvrir la vie nomade en épousant Thomas de la tribu des Innus.
Récit à la 1ère personne, ce livre relate donc sa vie auprès des Amérindiens de Pekuakami, le lac St Jean, vie faite de chasse, de pêche et de campements en forêt. Les Innus vendent les peaux et pratiquent alors le nomadisme.
Cette liberté totale qui inclut cependant le respect de la nature va peu à peu être érodée par ce que vont leur imposer les Blancs : la sédentarisation et l'abandon de leur mode de vie dus à une déforestation massive, à l'arrivée du chemin de fer et à la construction d'un barrage avec de surcroît la volonté d'acculturer ces Premières Nations.
A travers la voix d'Almanda, l'arrière grand-mère de l'auteur, c'est l'histoire de tout un peuple qui nous est racontée et aussi celle d'une femme acceptée au sein d'une communauté qui va l'adopter : un témoignage sur les ravages de la modernisation et sur ce qu'ont subi les peuples autochtones canadiens.
Un roman à l'écriture sans apprêt mais passionnant et bouleversant.

Folio

9,40
par (Au moulin des Lettres)
31 juillet 2022

UN EXCELLENT POLAR ET "ONE SHOT" !

Après l'immersion dans la nature, une nouvelle thématique proposée en cet été 2022, celle de la famille et des liens qui unissent parents et enfants dans la fiction, qu'elle soit blanche ou noire, fonds ou nouveautés.
On commence avec l'excellent roman policier de Jo Nesbø publié en 2015 en France par Gallimard et en poche chez Folio.
On ne trouvera pas Harry Hole dans cet opus indépendant de la série qui a rendu célèbre Nesbø et "Le fils" n'a d'ailleurs pas de suite.
L'auteur norvégien est à son meilleur et crée un personnage dont on se souviendra longtemps. Si j'osais la comparaison, je pourrais dire que Sonny Lofthus est l'équivalent masculin de Lisbeth Salander ("Millénium") par son côté torturé, sombre et par l'intelligence brillante qui le caractérise.
Le rythme est soutenu et l'intrigue pointe le côté obscur de la Norvège qui comme partout ailleurs possède son lot de proxénètes, de dealers et de flics ripoux (ou pas).
Sonny, dont le père flic s'est suicidé 12 ans auparavant, croupit en prison, l'image de son père vénéré suicidaire tournant en boucle dans sa tête. L' un des prisonniers va lui avouer que le suicide de son père n'en était peut-être pas un.
Nesbø n'épargne jamais son lecteur et les scènes violentes ne permettent pas de classer ce polar dans la même catégorie que ceux d'Agatha Christie...
Au rayon Polars Nordiques de la librairie !

par (Au moulin des Lettres)
31 juillet 2022

UN POLAR SANS TEMPS MORT !

Coup de coeur pour un roman noir aussi bref que percutant et où l'oubli va se révéler impossible.
1951, la guerre, les camps d'extermination, la Libération, tout est encore à vif dans les âmes.
On sait peu de choses de l'inspecteur Michel excepté que c'est un homme tenace ; il est sur une enquête longue, difficile, cela fait déjà plus de 5 ans qu'il est sur les traces d'une femme, une quasi-inconnue mais essentielle dans sa traque d'un criminel nazi ; il ne peut pas abandonner maintenant, il sent qu'il se rapproche d'elle un peu plus à chaque tour de pédale, à chaque témoin entendu.
Mais s'il veut la trouver, il faudra d'abord qu'il trouve l'enfant...
François Médéline avec sa plume sèche et ses phrases cinglantes nous fait revivre les années noires à travers la dèche et la volonté de s'en sortir d'une fille trop belle pour être oubliée.

19,00
par (Au moulin des Lettres)
31 juillet 2022

UN RECIT BALAYE PAR LES EMBRUNS DE L'OCEAN

Notre 3ème conseil de lecture que vous pourrez trouver à la librairie cet été !
Voici la présentation du livre par l'éditeur José Corti (publié dans la très belle collection "Biophilia") :
"Témoignage d'une expérience singulière de la solitude, du temps et de l'espace, [ce livre sur la nature] est le fruit d'une année passée en solitaire dans ce bout du monde qu'était encore Cap Cod, dans une petite maison construite au milieu d'une large bande de sable et de marais, balayée par les vents, les embruns (...). C'est un livre de célébration des merveilles du vivant et des éléments (...).
Dans son journal rédigé en français [sa mère était française], Beston révèle combien cette année passée face à l'Atlantique Nord aura marqué son être comme sa vision du monde. (...) Publié en 1928 puis constamment réédité, ce livre contribua à la création du "Cape Cod National Seashore" (parc national créé en 1961).
"C'est le privilège du naturaliste de se préoccuper d'un monde qui échappe à la violence des hommes. Quoiqu'il arrive dans le monde des humains, nous ne parviendrons pas à ternir un lever de soleil, interrompre le mouvement des vents ou endiguer la course des brisants qui se bousculent vers le rivage."
Vous pouvez lire un extrait du chapitre 2 sur le site de l'éditeur :
https://www.jose-corti.fr/titres/maison-au bout-du-monde.html