Usva K.

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Blogueuse littéraire

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Sale boulot

Éditions Gallmeister

8,20
14 mars 2019

Ce roman est une pure claque ! Il est gigantesque ! C’est un hymne contre la guerre, qui souligne l’absurdité des conflits et de l’homme réduit, indubitablement, à de la chair à canon. Mais la folie sur les zones de combat est une chose, en est une autre la folie qui poursuit au retour à la maison, entre blessures physiques (si ce n’est ravages) et impacts psychiques.

Durant tout le roman, les chapitres alternent les pensées et paroles de Braiden et Walter. On apprend à les connaître, comme ils s’apprivoisent tout au long du récit, nous sommes le troisième personnage dans la chambre d’hôpital.

Certains faits sont prévisibles, mais cela n’enlève rien au rythme de l’histoire, car si l’on soupçonne les personnages-narrateurs sont les seuls à pouvoir confirmer nos hypothèses. Absurdité, folie et courage, tels sont les trois mots qui raisonnent en moi au sortir de cette lecture qui restera l’une des plus fortes depuis un moment. Que dire, si ce n’est que je vous encourage à vous jeter dessus ?

Yankov

Rachel Hausfater

Thierry Magnier

9,20
13 mars 2019

À peine acheté, aussitôt lu ! J’ai adoré ce livre, c’est aussi simple que ça ! Yankov est un personnage douloureusement attachant car il partage son histoire, l’enfant mort qui l’habite et qui n’arrive pas à laisser éclore l’enfant vivant qu’il doit redevenir. J’ai été submergée par son rapport à ses parents, morts en déportation, entre l’amour, le manque et la colère de se sentir abandonné, seul.

Le deuil est au coeur de ce livre, le deuil de soi (que ce soit celui que Yankov a été avant et pendant sa déportation), le deuil des autres (ses parents), ainsi que sur les enfants déportés durant la Seconde Guerre mondiale, dans le cas présent à Buchenwald.

C’est un livre qui est lumineux derrière les nuages épais et gorgés de larmes. Un livre à mettre entre toutes les mains, des préadolescents comme des adultes. Un livre qui fait résonner l’histoire dans l’actualité car la guerre fait encore partie du présent, et les enfants, victimes des guerres d’adultes, aussi.

Cris, roman

roman

Actes Sud

6,60
30 janvier 2019

Ce livre est parfait comme entrée en matière sur la Première Guerre mondiale du point de vue des soldats. Il donne la part belle à plusieurs poilus, qu’ils soient dans les tranchées depuis longtemps ou qu’ils soient de la relève, qu’ils soient gradés ou non, qu’ils sortent entier des assauts ou qu’il soient blessés, qu’ils soient sur le front,qu’ils repartent temporairement à l’arrière ou qu’ils soient en permission : la parole leur est donnée, même si elle sort de l’esprit de l’auteur.

Ce qui est montré, c’est que chacun à son niveau est victime de la guerre et qu’elle ne se cantonne pas aux champs de bataille. Que la mort n’est pas juste quand elle frappe, elle frappe et puis c’est tout, elle a faim et mange sans jamais ressentir de satiété. Les hommes se soutiennent, se maintiennent hors de la boue et de la peur, mais toujours sous le niveau de la terre, sauf pour courir vers la tranchée d’en face, sur ces quelques mètres qu’il faut regagner coûte que coûte. La tranchée d’en face qui ne vaut pas toujours le prix payé. Et la gazé, qui tente de reprendre l’énergie suffisante pour sortir de son trou d’obus, mais dont les poumons sont foutus d’avoir voulu le faire vivre en respirant l’air de trop.

J’ai particulièrement aimé le personnage de Jules qui, partant en permission, ne peut se résoudre à arriver à Paris, pas aussi simplement qu’en train. C’est impossible. La guerre ne peut pas être aussi proche de la ville, qui regorge de belles femmes, ces femmes qu’il ne se sent plus capable de toucher avec son corps vieux avant l’âge et ses mains de tueur. Loin du front, il continue à entendre ses camarades qui crient. Se libérer de ces cris, comme se libérer des hurlement de l’homme cochon dans les tranchées, c’est tâcher de guérir son esprit qui ne tient plus le coup, qui ne supporte plus la boucherie, qui est trop plein des pleurs de ses frères.

Mais, loin des combats, les hommes sont-ils prêts à entendre ? Et, au front, les hommes sont-ils prêts à obtenir le grade qui les attend, celui de morts pour la France ?

Quatre soldats, roman
30 janvier 2019

Ce roman questionne les rapports humains en temps de guerre, l’humanité que l’on garde, que l’on essaie de conserver pour ne pas perdre l’esprit et pour survivre. Le fait que l’homme, peut être, n’est pas fait pour le combat, que la guerre le rend fou peu importe l’issue du combat, que les morts le hantent à vie.

Une lecture magnifique, qui fait sourire autant qu’elle fait pleurer. Nous espérons avec les personnages car nous nous attachons à eux. Prix Médicis 2003, c’est indéniablement un livre magnifiquement écrit et porteur d’une grande humanité, que je ne manquerai pas de recommander à tout le monde ! Attention : coup de cœur !

JACOB LE CAFARD T01
14,50
22 janvier 2019

Le livre s’ouvre sur Jacob qui, après avoir travaillé cinq années dans la réalisation d’un ouvrage, est remercié. Il se sent humilié et se retrouve à nouveau sans travail. Vivre un jour de plus, trouver un moyen de tenir jusqu’à demain, ce n’est pas une vie. Alors Jacob va chercher à se différencier de cet insecte qui va le marquer dans un hasard de vie : le cafard.

Ce récit va explorer différents thèmes chers à Will Eisner : le quotidien et son pouvoir humoristique, la recherche d’emploi dans un contexte difficile, la mafia et son intégration féroce dans la vie du quartie et de la ville, les arrangements douteux et la malhonnêteté des protagonistes de la bourse, la naissance ou la renaissance d’un amour, etc.

C’est un livre qui, en peu de pages, expose une histoire complexe, miroir d’une époque troublée autant sur le territoire américain que dans le reste du monde. J’ai beaucoup aimé cette fenêtre ouverte vers le vieux continent qui permet aussi de parler de la difficulté d’émigrer depuis l’Europe en guerre. Un deuxième volet intéressant dans lequel le quotidien d’un homme traduit le quotidien d’un quartier et d’un monde, presque d’un quartier-monde.