Chantepages L.

Dans la forêt rouge

Chelsea Mortenson et Jen Rice

La ville brûle

16,00
par (Librairie Chantepages)
13 mars 2019

Conseillé par la Librairie Sorcière Chantepages à Tulle

Un petit arbre, Sosna, rencontre l'ours Nesty. Les deux ne dorment pas, dans cette forêt tombée dans les bras de Morphée. L'ours connaît l'arbre, il connaît même les anciens arbres qui peuplaient cette forêt, ces arbres qui désormais sont sous terre, oubliés. La forêt est sans mémoire, son passé quasiment effacé. L'ours Nesty raconte à l'arbre Sosna comment cela est possible... Un jour, à une époque où l'humanité et la Nature vivaient en harmonie, un feu terrible s'est déclenché, un souffle blanc a suivi, et la mort et la désolation ont conclu ce funeste épisode : le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl a explosé... Et la forêt de Pripiat, soumise à une violente radiation aujourd'hui encore très élevée, est rouge : les arbres qui ont été plantés ont enfoncé leurs racines dans un sol hautement toxique. Rouge sang...

Sur un texte de Jen Rice et elle-même, un texte très poétique, qui a quasiment des allures de conte ou de fable, Chelsea Mortenson offre à voir des illustrations singulières, des xylogravures aux couleurs douces, donnant l'impression que c'est le bois lui-même qui raconte ce qui s'est passé ; l'album accessible dès 5-6 ans délivre, de par sa construction, un puissant message, un appel à la mémoire. — Conseillé par la Librairie Sorcière Chantepages à Tulle

L'élan ewenki

Blackcrane - Jiu'er

Rue du Monde

18,50
par (Librairie Chantepages)
27 février 2019

En communion avec la nature

Guéli Shenké, chasseur ewenki, tue un jour un élan femelle. Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'un jeune élan assiste à la scène. Le chasseur, honteux, décide de le prendre sous son aile. Le jeune élan s'habitue très vite aux mœurs des humains et s'intègre facilement aux Ewenkis, vivant en communion avec la Nature. Mais un jour, Guéli Shenké, vieillissant, doit rejoindre le village voisin. L'élan ne peut l'accompagner, du fait de son incapacité à s'adapter à une vie urbaine, et est chassé par son ami, qui a du mal à se faire à l'idée de cette séparation. L'animal coulera des jours paisibles dans la forêt et se souviendra toujours de la bonté de son protecteur tandis que l'ewenki mourra de vieillesse et d'épuisement dans un quotidien qui n'est plus tellement le sien, gardant en souvenir l'élan, devenu son ami le plus intime.
L'album multiplie les niveaux de lecture et les thématiques ; mais le message le plus en avant est celui de la communion entre l'espèce humaine et la Nature, un respect mutuel. L'élan, quoique apprivoisé, ne perd en rien son statut d'animal sauvage, et l'homme, chasseur, meurtrier qui a choisi la voie de la rédemption, montre sa nature première. Avis aux mauvaises langues qui s'imagine que l'humanité est foncièrement mauvaise : cet album vous donne tort, et tant mieux.
Les illustrations de Jiu Er, aux brunes couleurs prédominantes, ne sont pas sans rappeler celles des daguerréotypes que le vert de la Nature aurait colorés, confère à la légende mongole un statut de récit, de réalité.
L'album, assez long, peut être lu à partir de 8 ans.

Avec toi

Thierry Magnier

14,90
par (Librairie Chantepages)
20 février 2019

Avec toi, les pique-niques sont des festins de reines

Raconter une journée vécue par une mère et sa fille, voilà le postulat de l'album.
Nous suivons les deux points de vue, celui de la mère sur chaque page de gauche, la page de droite étant réservé à celui de la fille. Séparées à de nombreux égards (la mère travaille, la fille est à l'école, le pli du livre contribuant aussi à cette séparation), elles n'en demeurent pas moins, continuellement, ensemble. En effet passent-elles beaucoup de temps à songer l'une de l'autre, ont quasiment le même emploi du temps et surtout certaines double-pages sont construites d'une seule illustration, un point de vue totalement partagé, et une phrase commençant par « Avec toi, ... » vient souligner ce moment de totale communion.
Les illustrations de Hifumiyo ne sont pas sans rappeler les « polas », de par leur format carré et la grande surface blanche sur laquelle Pauline Delabroy-Allard peut apposer ses mots ; ce format photographique, témoin d'une époque, fait honneur au caractère intime de la relation mère-fille exposé dans cet album, et la douceur des couleurs choisies par l'illustratrice reflète joliment la poésie du texte de l'autrice, construit comme une fugue musicale à deux voix.

Plic ploc Banquise
par (Librairie Chantepages)
25 janvier 2019

Conseillé par la Librairie Sorcière Chantepages à Tulle

Un petit manchot empereur et un jeune ours polaire s'effraient de voir la banquise fondre goutte après goutte. Ils tentent en vain de partager leur inquiétude avec les lièvres, les otaries, le béluga... Rien à faire ! Au mieux attendent-ils que cela s'améliore, au pire se croient-ils trop démunis face à la situation. Le pompon, il faut bien l'avouer, revient au papa du manchot empereur qui refuse de voir la réalité en face et se moque même de son fils. La solution, c'est le papa ours polaire qui l'a : laisser l'espèce humaine réparer tout ça.
Voilà un album terrible qui parle d'une réalité qu'est celle de la fonte des glaces. Sous forme de conte en randonnée (jeu de répétitions), et en mettant en scène des animaux polaires, Claire Garralon retranscrit l'inaction de certaines personnes, le déni relativement méprisant d'autres personnes face à ça et le dialogue de sourds qui en résulte.
La conclusion est très forte, elle a un réel impact, avec l'arrivée d'un navire dans les contrées glacées, l'ours polaire qui dit que seule l'humanité peut remédier à ce problème qu'est le réchauffement climatique, et le regard appuyé des personnages dirigé droit vers nous avec un grand sourire. Car comme dirait Victor Hugo : « Aimer, c'est agir ». A partir de 3 ans. - Conseillé par la Librairie Sorcière Chantepages à Tulle

KEEP HOPE

Nathalie Bernard, Frédéric Portalet

Thierry Magnier

14,80
par (Librairie Chantepages)
18 janvier 2019

Conseillé par la Librairie Sorcière Chantepages à Tulle

A la recherche de soi.... Valérie Lavigne, lieutenant-détective de la police de Montréal, a raccroché. Ca fait deux ans. Elle cherche à échapper à la pression , et à fuir des souvenirs qui la "bouffent". Couper les ponts, c'est beau, mais c'est impossible, surtout après avoir croisé le regard d'une jeune fille, un regard qui est loin d'être anodin. Valérie recontacte son binôme, Gautier Saint-James. Elle a un doute : cette gamine est probablement l'une des portées disparues qu'elle devait rechercher. L'adolescente, quant à elle, se questionne sur la relation qu'elle a avec son père... Le titre, énigmatique, a plusieurs sens ; tout le roman s'appuie sur Hope, à la fois nom féminin américain, et équivalent anglais d'"Espoir". Nathalie Bernard fait appel ici au scénariste Frédéric Portalet pour porter haut les couleurs du polar, du suspens. Très bon roman, à lire à partir de 13 ans ! — Conseillé par la Librairie Sorcière Chantepages à Tulle