Librairies Sorcières

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Les orteils n'ont pas de nom
par (Association des Librairies Spécialisées Jeunesse)
17 novembre 2015

Conseillé par la librairie Dans ma librairie à Agen

Dans cet album tout-carton Jean Leroy et Matthieu Maudet font remarquer avec justesse que, contrairement aux doigts, les orteils n’ont pas de nom. Ces pauvres doigts de pied en étant malheureux, chaque orteil va s’employer à en trouver pour chacun. Les cinq premières lettres de l’alphabet? Non, trop alphabétique. Les cinq premiers chiffres? Trop mathématique. Cinq notes de musique, des couleurs, des fruits? Rien ne convient parfaitement. Heureusement le compromis existe, et chaque orteil va dorénavant s’appeler selon sa proposition. Ce qui donnera par exemple: «A-2-Mi-Bleu-Fraise»…

L’illustration simple et efficace sert à merveille l’histoire qui fera rire les petits. Cet album peut aussi être employé sous forme d’imagier pour découvrir les notes de musique avec leur portée, les couleurs, etc. Les deux auteurs nous ont aussi ravis avec d’autres albums comme "Le Tout petit fermier", un album d’accumulation, ou, plus récemment, "Papy", un album plein d’humour… et toujours à l’école des loisirs!

Librairie Dans ma Librairie à Agen

Le garçon qui nageait avec les piranhas
13,90
par (Association des Librairies Spécialisées Jeunesse)
16 novembre 2015

Conseillé par la librairie M'Lire à Laval

Stanley Potts vit avec son oncle et sa tante dans la petite ville de Fish Quay Lane rongée par le chômage depuis la fermeture du chantier naval. Il mène une vie tout à fait ordinaire jusqu’au jour où son oncle Ernie a l’idée complètement farfelue de transformer sa maison en une véritable conserverie de poissons. Des machines vrombissantes envahissent toutes les pièces et même la chambre de Stan, qui doit maintenant dormir dans un placard. Les journées sont rythmées par un travail épuisant et des poissons qui finiront dans des boîtes de conserve estampillées « Pilchards Potts ». Lever à 6 heures du matin pour toute la famille et que ça saute !

Le jour de son anniversaire, Stan peut enfin prendre une pause grâce à sa tante qui réussit à faire obstacle à la folie de l’oncle Ernie. Il déambule dans les rues de sa ville et se retrouve au cœur de la fête foraine, nez à nez avec un stand de pêche aux canards. Stan est révolté, les lots à gagner sont de minuscules poissons rouges qui se meurent lentement dans des sacs en plastique trop serrés. Il décide alors de les sauver en jouant les quelques pièces que son oncle lui a donné. Les treize petits poissons feront la route du retour avec lui, Stan ravi d’avoir trouvé de nouveaux compagnons.

Mais l’oncle Ernie va réaliser l’impensable. En pleine nuit il se glisse dans le placard de son neveu et lui vole ses poissons… pour en faire des «Prodigieux Poissons Rouges Potts». Le lendemain, Stan quitte la maison et ses pas le ramènent vers le stand de pêche aux canards, où le propriétaire, un certain Dostoïevski, lui avait proposé la veille de travailler pour lui. Stan s’enfuit alors avec ce monsieur et sa fille à bord de leur caravane. Et ce n’est que le début des aventures du petit Stan, qui deviendra le grand, l’extraordinaire, le magnifique Stanley Potts suite à sa rencontre avec le célèbre Pancho Pirelli.

Ce roman est une belle découverte, il se démarque des autres nouveautés par l’originalité du scénario et un univers très singulier, plein de finesse et de poésie où se glisse le mystérieux par petites touches délicates.

Librairie M'Lire à Laval

Dans la maison de ma grand-mère
par (Association des Librairies Spécialisées Jeunesse)
16 novembre 2015

Conseillé par la librairie Le Rat Conteur à Bruxelles

Après son incroyable Les boutiques d’Angélique, Alice Melvin revient ici avec un album tout en douceur et en poésie.

Un beau jour, après l’école, une petite fille se rend chez sa grand-mère: elle arpente les pièces de la maison l’une après l’autre, cherchant sa mamy et évoluant dans cet univers si particulier où chaque bibelot est à sa place et où le temps semble s’être arrêté.

Après avoir déplié des pages et contemplé des illustrations magnifiques aux détails foisonnants et à la précision époustouflante, le lecteur sera rassuré de retrouver la grand-mère dans son jardin, où elle attend sa petite fille avec une surprise.

Un petit moment de grâce lors de la lecture de cette histoire qui n’est autre qu’un hommage à la grand-mère de l’auteur, mais qui nous rend nous aussi en tant qu’adultes, nostalgiques de cette époque où nous n’étions nous-mêmes rien d’autres que des petits-enfants! Superbe!

Librairie Le Rat Conteur à Bruxelles

OURS QUI N'ETAIT PAS LA (L')

La Joie de Lire

16,90
par (Association des Librairies Spécialisées Jeunesse)
16 novembre 2015

Conseillé par la librairie Tire Lire de Toulouse

Les éditions de La joie de lire nous proposent ici un bel album philosophique pour grands, où toute la question est de savoir comment devenir soi…

L’ours qui n’était pas là est né, puis il est devenu ours. Mais savoir que l’on est Ours ne suffit pas à savoir qui l’on est. Alors, au fil de ses rencontres et de ses pérégrinations, il va apprendre à se connaître pour pouvoir enfin se reconnaître…

Cet album, qui est loin d’être évident par sa thématique et le traitement que ses auteurs en ont fait, est pourtant une mine quasi-inépuisable de réflexions (sans parler de son esthétique, qui est un véritable ravissement!). Entre douceur, pensées constructives et positives, questionnements sur le bonheur et l’acceptation de soi, il entraîne le lecteur à s’envisager avec tendresse; à se juger non pas pour ce qu’il voudrait être ou obtenir, mais bel et bien pour ce qu’il est et possède déjà.

Le bonheur est à portée de main. Il suffit juste d’ouvrir la main… Alors portons hauts les cœurs!

Librairie Tire-Lire à Toulouse

Tempête

Sandrine Bonini / Audrey Spiry

Sarbacane

16,00
par (Association des Librairies Spécialisées Jeunesse)
16 novembre 2015

Conseillé par la librairie La Boîte à Histoires de Marseille

«Le plus ennuyeux avec les histoires vraies, c’est que personne n’y croit jamais. Surtout les gosses. Rien que pour ça, je m’étais promis de ne jamais raconter celle de la Tempête. Mais celui qui ouvrira ce livre sera, je l’espère, différent des autres.»

Ça c’est ce qu’on appelle un début d’album très réussi, voyez-vous.

C’est un jeune garçon de douze ans qui parle, jeune habitant de cette ville un peu terne, un peu triste. Une ville assez morne et ordinaire comme il en existe tant, où les jours gris s’écoulent, où les enfant s’ennuient.

«Le plus dur avec cette grisaille, c’était pour les petits. Ils étaient complètement désorientés. Avec leur façon d’exister si intensément, ils n’arrivaient pas à se faire à tout ce gris qui commençait à leur rentrer sous la peau.»

Comme tous les ans, une grande fête est organisée pour son anniversaire: nappes blanches, grand buffet, voisins tirés à quatre épingles, petits fours et champagne. Une fête sans rires, où les enfants ne doivent pas déranger les adultes qui discutent.

Mais ce jour là, quelque chose d’incroyable s’est passé: les boissons ont commencé à pétiller dans les carafes, les chignons des dames se sont écroulés, comme au ralenti. Les nappes ont commencé à gonfler, le sucre glace des gâteaux s’est envolé comme une neige légère. Le tailleur de la directrice d’école s’est transformé en robe-fourreau panthère. On a même vu des invités escalader les arbres, d’autres se mettre à aboyer.

Un vent de folie semble avoir envahi la ville. Même Félicie, la petite sœur du jeune garçon, voit ses cheveux pousser à une vitesse folle! Il faut les entortiller et les attacher pour ne pas qu’ils traînent par terre.

Les animaux font partout leur apparition, dans les rues, dans les maisons, la ville s’illumine de mille et une couleurs. Les costumes des messieurs se changent en costumes de clowns. Les gens sortent dans la rue, courent, s’embrassent, s’enlacent, se mettent à rire.

«Le monde semblait devenu fou, mais d’une folie douce et enjouée, toute faite de rêves inavoués.»

Alors Félicie et son grand frère décident de monter sur la colline, tout en haut près de vieux kiosque, pour observer cette tempête arc-en-ciel qui tourneboule la ville sans un souffle de vent. Plein d’enfants ont fait comme eux, pour ne pas en perdre une miette, pour ne pas oublier et s’amuser encore et encore de ces adultes redevenus enfants.

Face à des gens trop lisses, trop sérieux, dans des réunions ennuyeuses et compassées, j’ai toujours ce fantasme que quelque chose parte en live, déraille, foute tout par terre. C’est exactement ce qui arrive dans cet album et ça fait un bien fou !

Racontée à la première par le jeune homme qui en est témoin, cette tempête souffle tout sur son passage: la hiérarchie, les codes vestimentaires, les codes sociaux. Chacun retrouve sa part d’enfance, renoue avec son instinct, ses sensations.

Le texte, posé et très descriptif, dépeint parfaitement cette douce folie qui s’empare des gens et de la ville tout entière.

Les couleurs sombres et ternes du départ s’embrasent littéralement et éclaboussent toute les pages. Les lignes et les arêtes s’arrondissent jusqu’à se fondre, se dissoudre et ce sont alors de véritables tableaux abstraits qui prennent la place des illustrations, composant de grandes fresques oniriques tout en mouvements qui se déploient sur de larges rabats.

Sandrine Bonini au texte et Audrey Spiry aux illustrations forment décidément un duo de choc. Souvenez-vous à quel point nous avions aimé Lotte où déjà les éléments se déchaînaient! Ici c’est un vent de folie qui souffle sur cette histoire vibrante, pleine de couleurs et de mouvements, de mystère et de fantaisie!

Un album intrigant et réjouissant à découvrir dès 6 ans !

Librairie La Boîte à Histoires à Marseille