SAUVAGES (LES)
EAN13
9782352892472
ISBN
978-2-35289-247-2
Éditeur
MeMo
Date de publication
Collection
Les albums jeunesse
Nombre de pages
36
Dimensions
31 x 21 x 1 cm
Poids
424 g
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Commentaires des libraires

par (Association des Librairies Spécialisées Jeunesse)
25 novembre 2015

Mention «Librairies Sorcières - Album» aux Pépites du Salon 2015

«C'était une nuit. C'était il y a longtemps. Perdues dans les marécages, deux maisons se faisaient face. De ces maisons, deux ombres s'enfuirent. […] Pieds nus, en pyjama, elles arrivèrent sur l'île abandonnée. Elles marchaient et s'enfonçaient dans l'obscurité. Elles ...

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Mélanie Rutten

[L'album "Les Sauvages", de Mélanie Rutten, a reçu la mention «LIBRAIRIES SORCIÈRES - PEPITES 2015». À cette occasion Christine Morault, son éditrice, a questionné l'auteure illustratrice sur ses sources d'inspiration et sur son style graphique qui s'émancipe. - une interview parue sur le site des Librairies Sorcières ]

CHRISTINE MORAULT: Quelle est l'influence de la littérature sur ton travail d'auteur ? Dans "Les Sauvages" apparaissent des liens avec "Huckleberry Finn", "Le Magicien d'Oz" et même "Alice au Pays des Merveilles". En quoi ces livres ont-ils compté pour toi et t'ont inspirée ?

MÉLANIE RUTTEN: Il m'est difficile de traduire l’influence de la littérature parmi toutes les autres: le cinéma, la peinture, les souvenirs, la mémoire, les rêves, les désirs… Toutes ces sources s’entremêlent, se diffusent peu à peu et se synthétisent lors de l’écriture ou du dessin qui sont des actes de nature inconsciente et collective. Mais certains romans marquent plus que d’autres et "Huckleberry Finn" est de ceux-là. Les images nocturnes d’échappée belle, de marais, de bayous, d’arbres pelucheux ont profondément touché quelque chose en moi de l’ordre de l’enfance, une liberté à l’état brut.
"Alice" est ma préférée, elle a une place tout à fait à part, à côté des écrits de Katherine Mansfield. Je la redécouvre à chaque lecture, différente, et elle réapparait régulièrement dans mes pensées lorsque j’écris car elle réveille un lien très fort avec l’inconscient de l'enfance.
"Le magicien d’Oz" m’est moins familier, à part la splendide chanson de Judy Garland et les couleurs de l’adaptation cinématographique de Victor Fleming.
Je pourrais citer aussi "La nuit du chasseur" du réalisateur Charles Laughton, les photographies de Charles Fréter dans "Wilderman", les oeuvres d’opéra de Britten, les romans de Tove Jansson, toutes sortes de guides naturalistes… Ils ont tous été des compagnons de route avant de me lancer dans l’aventure des sauvages.
Il y a cette étape où je me nourris de tout ceci, où j’étoffe un peu l’inventaire de possibilités graphiques ou narratives avant de me laisser porter par mes personnages et dérouler le fil de la narration. Je pense que l’on s’inscrit toujours dans une lignée dans laquelle on tente d’apporter sa singularité.

CHRISTINE MORAULT: En ce qui concerne le traitement des images, tu vas vers de plus en plus de liberté graphique, certaines images sont presque abstraites, et tu sembles utiliser de plus en plus le pinceau pour construire personnages et paysages. Qu'est-ce qui t'incite ainsi à libérer ton trait ?
MÉLANIE RUTTEN: Le plaisir. Celui de l’expérimentation, de la découverte. Celui de la couleur. Celui du jeu et du hasard aussi : l’utilisation de pigments purs (brou de noix entre autres) mêlés à de l’encre de chine ou de l’aquarelle japonaise crée toutes sortes d’accidents de matières que j’exploite et que je transforme. C’est une technique que j’aimerais pouvoir encore approfondir, me libérer tout à fait du trait, pour mieux y revenir sans doute, car j’aime varier les approches. L’éveil, l’étonnement, l’amusement sont des manières pour moi de rester connectée avec l’enfance.