Grande école du mal et de la ruse, 2, High School Criminal
EAN13
9782702433836
ISBN
978-2-7024-3383-6
Éditeur
Éditions du Masque
Date de publication
Collection
MSK (2)
Séries
Grande école du mal et de la ruse (2)
Nombre de pages
377
Dimensions
2 x 1 x 0 cm
Poids
350 g
Langue
français
Langue d'origine
anglais
Code dewey
804
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1.?>Deux semaines plus tôt.
Le docteur Néro descendit l'avenue jusqu'à l'opéra. S'il n'appréciait guère laisser l'école sans surveillance, il aimait encore moins assister aux réunions périodiques du conseil supérieur de l'AMES. Il comprenait cependant qu'elles étaient un mal nécessaire. Numéro Un avait envoyé son invitation habituelle à l'élite mondiale des scélérats, et Néro savait qu'à moins d'avoir une excuse formidablement convaincante, ne pas assister au concile pouvait se transformer en erreur fatale. Approchant de l'énorme édifice, il ignora l'entrée principale pour emprunter une allée étroite qui longeait le bâtiment. Il nota avec amusement qu'à Vienne, même les ruelles étaient impeccablement entretenues. Il arriva bientôt à l'entrée des artistes.Lorsqu'il franchit la porte, le portier âgé assis derrière le bureau leva la tête de son journal.– Je suis navré, monsieur, mais l'accès est réservé aux artistes et aux membres du personnel, dit-il en glissant une main sous la table.– Oh, bien sûr, répondit Néro en remarquant le subtil changement de posture du vieil homme. Je suis justement ici pour une audition.– Une audition, monsieur ? répéta le portier en plissant les yeux.– Oui, j'ai appris que les auditions pour la nouvelle production de Faust se déroulaient aujourd'hui. Je ne voudrais surtout pas les rater.Le vieil homme retira la main de sous le bureau et son expression circonspecte céda la place à un sourire discret.– Bien sûr, monsieur. Le reste de la troupe vous attend. Laissez-moi vous montrer le chemin.Il se leva et, d'un geste, invita Néro à le suivre dans le couloir, vers les grands espaces sombres des coulisses. Néro observa avec intérêt les accessoires et ornements – vestiges des spectacles du passé – entassés jusque dans les moindres recoins.Le vieil homme le guida à travers un dédale tortueux de décors abandonnés, pour s'arrêter finalement devant une toile poussiéreuse sur laquelle était peinte une herse de château-fort rouillée. Il fit glisser le cadre sur le côté, révélant ainsi une porte en bois d'apparence solide. Après l'avoir déverrouillée, le portier s'écarta.– Nous y sommes, monsieur. Ils vous attendent à l'intérieur.Néro ouvrit la porte et pénétra dans une petite cabine d'ascenseur aux parois en acier, dépourvue de boutons de commande. La porte se referma derrière lui, une voix robotique apaisante emplit la cabine.– Vous êtes prié de rester immobile pendant le processus de vérification d'identité.Un bref éclair de lumière blanche aveugla Néro, qui dut cligner des yeux plusieurs fois pour chasser les taches colorées qui flottaient soudain devant ses yeux.– Scan rétinien terminé. Bienvenue, docteur Néro.Il sentit l'ascenseur se mettre en mouvement et entamer sa descente. À l'occasion de ces réunions, il se demandait souvent combien de repaires secrets l'AMES possédait-elle dans le monde. Le conseil ne s'était jamais réuni deux fois dans le même endroit. Il se dit que, peut-être, chaque infrastructure était détruite après sa première – et unique – utilisation. Cela aurait certes représenté un gaspillage ahurissant, mais s'il y avait bien une chose dont l'AMES n'avait jamais manqué, c'était l'argent.Lorsque les panneaux coulissants s'écartèrent sans un bruit, Néro s'engagea dans un couloir également doté de parois en acier, qui se terminait quelques mètres plus loin sur des portes en verre dépoli. Gravés sur le verre figuraient le poing et le globe terrestre fissuré qui constituaient le logo de l'AMES, l'Alliance Mondiale des Entreprises Scélérates.Néro remonta le couloir, accompagné par l'écho de ses pas qui rebondissait entre les murs en métal brossé. Les portes translucides s'ouvrirent devant lui avec un léger sifflement ; il fut accueilli par un flot de voix familières engagées dans une conversation animée. Une voix s'éleva au-dessus des autres.– ... pour la dernière fois. Je lui ai dit que je ne tolérais pas les incompétents au sein de mon organisation et je l'ai fait jeter dehors. Malheureusement pour lui, nous nous trouvions à dix mille mètres d'altitude.Néro sourit en entendant cette voix grave à l'accent russe, suivie d'un éclat de rire tonitruant. Elle appartenait à l'un de ses plus vieux amis – en admettant qu'une chose comme l'amitié puisse exister dans l'univers semé d'embûches que les membres du conclave habitaient. Lorsque Néro entra dans la salle, plusieurs visages se tournèrent vers lui.– Néro ! Nous commencions à croire que tu n'allais pas venir.L'accent russe appartenait à Gregori Leonov, l'un des plus anciens membres vivants du conseil supérieur de l'AMES. Il servait Numéro Un avec loyauté presque depuis la création de l'organisation. Physiquement, Gregori était un colosse impressionnant au crâne hérissé de cheveux gris coupés à ras. Il rejoignit Néro à grands pas et l'empoigna fermement par les épaules avant de l'embrasser sur les joues.– Comment vas-tu, mon ami ? Ça fait un bail ! Je parie que ton élevage de démons en herbe te garde occupé, oui ?– Heureux de te revoir, Gregori, répondit Néro en souriant. En effet, l'école ne me laisse pas beaucoup de temps libre.– Ha-ha, je le savais ! Tu as une patience incroyable, Max. À ta place, je serais devenu dingue il y a bien longtemps, avec tous ces enfants. Mais après avoir vu combien mon fils a changé depuis son retour de la grande école du mal et de la ruse, je me dis que es un faiseur de miracles, non ?– Yuri était l'un de mes meilleurs éléments, tu le sais bien.En réalité, le fils de Leonov avait été l'un des plus grands défis pédagogiques qu'il eût connus. Dès son arrivée à G.E.M.R, il avait manifesté une hostilité sans bornes, refusant d'admettre qu'il allait devoir rester sur l'île jusqu'à la fin de son éducation. D'emblée, Néro avait reconnu en lui un garçon habitué depuis son plus jeune âge à obtenir tout ce qu'il voulait ; il avait immédiatement compris qu'il ne pourrait pas ménager ses efforts s'il voulait transformer cet enfant en un digne successeur de Gregori, vieil ami de Néro et figure éminente de l'AMES. La difficulté principale avait été de canaliser sa révolte bouillonnante dans des activités plus productives, mais sans l'éliminer entièrement. L'objectif de G.E.M.R, après tout, n'était pas de produire des citoyens modèles.– Tu es trop poli, Max. Quand je te l'ai envoyé, Yuri était un monstre. Aujourd'hui, il est l'un de mes lieutenants les plus fiables et compétents. Rien que la semaine dernière, dans la mère patrie, il a conduit un raid très lucratif sur un train chargé d'or. Aucune victime, et toute l'équipe s'en est sortie indemne. Les membres plus expérimentés du commando m'ont dit que c'était grâce au bon commandement de mon fils. Un miracle, je te dis. Un miracle grâce auquel je suis maintenant assez riche pour m'offrir l'une de ces équipes de football anglaises dont les membres de l'AMES semblent raffoler ces derniers temps, termina Gregori avec un grand sourire.– Je suis ravi que tu sois content du résultat, répondit Néro, qui tirait une profonde satisfaction des exploits de ses anciens élèves.Soudain, un bip léger mais insistant s'éleva de la console au milieu de la table de conférence. Les membres du conseil s'acheminèrent vers leurs sièges respectifs. En observant les douze génies du mal qui prenaient place autour de la table, Néro constata avec plaisir que la majorité d'entre eux étaient déjà présents à la réunion précédente. Malencontreuse conséquence du secteur d'activité dans lequel ils œuvraient, il n'était pas rare que, d'une réunion sur l'autre, l'un des membres disparût brusquement au profit d'un nouveau visage, souvent inconnu. Certains se faisaient arrêter et jeter en prison, d'autres mouraient dans l'exercice de leurs fonctions – parfois tués par quelque appareil apocalyptique qu'ils avaient eux-mêmes inventé –, et d'autres encore étaient remplacés de manière plus « active » par de nouveaux participants. Quant aux plus malheureux – ceux qui avaient contrarié Numéro Un, le maître suprême de l'AMES – mieux valait ne pas penser à leur funeste sort.Il y avait néanmoins un membre du conseil que Néro était tout sauf heureux de voir, un homme qui représentait pour lui une source d'agacement croissant. Assis de ...
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