• par
    16 avril 2020

    Court roman qui me permet de pénétrer le monde de Jo Nesbø que je ne connaissais pas malgré toutes les bonnes choses que j'ai lues sur ses livres. Polar vraiment bon, avec un héros ou plutôt un anti-héros tant il est décalé, dyslexique qui aime lire mais ne comprend pas toujours donc s'invente ses propres histoires : il a par exemple adapté Les Misérables pour lui, avec un Valjean qui lui ressemble. D'ailleurs, il lui ressemble un peu : malgré son métier, il veut faire le bien, n'hésite pas à dépenser son argent pour une cause qu'il trouve juste.

    Les situations décrites par Jo Nesbø sont déjà vues ailleurs, mais il a toujours un petit truc qui les décale, les rend originales. Beaucoup d'humour même si l'ambiance n'est pas à la franche rigolade, on parle tout de même de tueurs de la pègre suédoise et ils ne se font pas de cadeaux. Mais au hasard d'une page, on trouve ce portrait : "Prenez Maria, par exemple. Boiteuse et sourde-muette. Je ne sais pas quel est le lien entre les deux, probablement aucun, mais c'est comme quand vous commencez à avoir des mauvaises cartes, elles ne font que continuer de venir. Tant qu'elle y était, Maria avait aussi pour petit copain un abruti de camé." (p. 14)

    Pas de temps mort, roman court comme je les aime, serré et bien noir.


  • 27 juillet 2016

    Olav aime lire et écrire, et c'est pas facile parce qu'il est dyslexique. Olav a bon cœur, il a sauvé une boiteuse sourde et muette des griffes d'un mac. Olav n'est pas bon à grand chose mais il y a un truc qu'il sait bien faire : expédier les gêneurs dans l'au-delà. Il travaille pour le compte de Daniel Hoffmann, un des deux plus grands trafiquants de drogue d'Oslo et il donne entière satisfaction. D'ailleurs, Olav a un nouveau contrat, il doit expédier la femme d'Hoffmann qui en a marre d'être cocu. Oui mais voilà, Olav observe Corina et la trouve à son goût. Du coup, Olav prend l'initiative de lui laisser la vie sauve et de tuer l'amant. Grossière erreur !

    Quand Jo Nesbø fait des infidélités à son légendaire Harry Hole, c'est l'occasion pour lui de se laisser aller à quelques fantaisies. Du sang sur la glace est donc un polar mais qui laisse de la place à l'humour, à la loufoquerie même. L'intérêt vient surtout de l'expéditeur Olav, personnage qui oscille sans cesse entre naïveté et pragmatisme, générosité et assassinat. Mais malgré ce tueur original, le niveau général du livre n'est pas à la hauteur de ce que l'on attend de Nesbø qui force le trait dans ses scènes de carnage bien sanglant et signe plutôt une farce qu'un véritable suspense. Avec le baron de la drogue, le concurrent, le tueur à gages et la femme fatale, il respecte les codes du genre et s'est sans doute fait plaisir mais cet opus ne restera pas longtemps dans les mémoires. Un roman court, vite lu et sans doute vite oublié.