Extravagant

Extravagant

Betty Bone

Courtes et longues

  • par (Association des Librairies Spécialisées Jeunesse)
    13 février 2017

    Nominé Prix Sorcières 2017 - catégorie Albums !

    Extra va gant, voilà un album qui porte bien son nom ! Avec ce titre prometteur, Betty Bone surprend par une approche on ne peut plus loufoque des sens. D’abord une couverture aux couleurs vives et contrastées, sur laquelle figurent les personnages principaux: une main gantée accompagnée de deux yeux. L’histoire commence véritablement avec l’arrivée d’une petite araignée qui, sans raison apparente, dénude la main gantée pendant que l’œil dort à poings fermés. Habitué à veiller sur elle, ce dernier sort de son sommeil complètement affolé: la main gantée a disparu! À sa place gisent un truc et une chose, et la chose commence à se déplacer à tâtons… S’ensuit alors une maladresse qui met tous les sens en émoi, puis vient l’enquête. Fidèles aux différents profils psychologiques que l’on retrouve dans le monde du travail, l’œil, la main et le nez, à la recherche du gant, «interrogent» le truc. Une histoire aussi étrange que humoristique, qui répond parfaitement à l’ambition des Editions courtes et longues: « apprendre à lire les images ». Betty Bone signe là une véritable prouesse imaginaire.


  • par (Librairie Récréalivres)
    30 mars 2016

    Etonnant par bien des aspects, Extra va gant est une démonstration brillante de la sensibilité littéraire de Betty Bone qu’on avait déjà vue à l’oeuvre dans son adaptation de l’incipit de A la Recherche du Temps Perdu. Construit autour d’un dialogue absurde et théâtral entre les différents organes d’un visage, l’album est un plaisir de lecture à voix haute. L’illustration, de l’usage des couleurs jusqu’aux polices de caractère, s’autorise toutes les audaces avec un sens du grotesque qui ne s’avère être au final qu’une question de point de vue. Car l’étrangeté de l’album réside dans la distance qu’attribue l’auteure au lecteur par rapport aux choses. Faire une histoire du récit d’un geste trivial (celui d’enlever un gant) un drame, une crise panique est ici tout un art : la déconstruction virtuose d’un corps, un jeu hilarant de reconnaissance.