L'Ouzbek muet , et autres histoires clandestines

Luis Sepúlveda

Anne-Marie Métailié

  • par
    5 juin 2015

    Luis Sepulveda place ces nouvelles dans les années 60/70 juste avant le coup d'état de Pinochet (qui ne pouvait être totalement mauvais comme disait Pierrre Desproges, car dans Pinochet, il y a hochet). Tous les personnages sont des anonymes qui vont tout tenter pour qu'Allende arrive au pouvoir et qui vont combattre l'extrême droite et la droite chilienne. Beaucoup passeront dans la clandestinité après le coup d'état, perdront la vie. Je présente ci-dessous quelques nouvelles du recueil, celles qui m'ont le plus plu.

    - Le soldat Tchapaïev à Santiago du Chili : la difficulté d'organiser une action d'éclat commune aux jeunesses communistes et socialistes, surtout lorsque certains ont d'autres préoccupations comme un rendez-vous amoureux.

    - L'Ouzbek muet : la vie d'un étudiant chilien à Moscou qui rêve d'aller à Prague et se retrouve à Tachkent en Ouzbékistan.

    - Blue Velvet : braquer une banque, ça ne s'improvise pas. Enfin, normalement...

    - Moustik : Un autre braquage, mais pour sauver l'économie chilienne menacée, mené par Moustik une jeune femme qui ne supportera pas le coup d'état de Pinochet.

    - L'autre mort du Che : le récit du transport de deux condors offerts par le Chili à Cuba et la nasissance d'un petit longtemps après nommé Che.

    - Le déserteur : les derniers moment d'Ernesto Guevarra, dit Le Che.

    Luis Sepulveda fait preuve de beaucoup d'humour, de dérision mais également d'une grande tendresse pour ses personnages, ces héros anonymes qui ont lutté contre la dictature et la force. Pour beaucoup ils sont des loosers avec idéaux, qu'ils veulent atteindre ; ils y réussissent parfois mais pas toujours et presque par hasard. Il suffit d'un tout petit rien pour que la chance ou la malchance fasse capoter ou réussir une opération mal préparée pour ne pas dire improvisée. Les premières nouvelles sont drôles, à l'image de ce roman de l'auteur que j'ai adoré, L'ombre de ce que nous avons été, et les dernières se font plus dures, plus politiques.

    On pourrait s'attendre à un peu plus de la part de cet auteur, je reste un peu sur ma faim, me disant qu'il y avait matière à faire des histoires plus construites, plus longues, des petits romans, c'est un peu comme s'il se contentait du minimum pour faire un livre. Et puis, je me dis dans la seconde qui suit que le minimum de Luis Sepulveda vaut très largement le maximum de certains autres écriveurs de livres, alors ça me console.