Au café de la ville perdue

Anaïs Llobet

Éditions de l'Observatoire

  • Conseillé par
    18 mars 2022

    amour, Chypre

    Chypre, son soleil, ses plages, sa ville abandonnée de Varosha.
    C’est autour de cette ville située dans un no-mans land que l’auteure situe son nouveau roman.
    Je savais que Turques et Grecs se partageaient cette île, mais j’ignorais qu’une ville grecque était retenue en otage par les Turques dans la buffer zone.
    Grâce au personnage principal, j’ai découvert cette ville et ses habitants qui ont migré dans d’autres villes de l’île.
    J’ai aimé suivre l’amour entre Ioannis chypriote grec et Aridné chypriote turque.
    J’ai mis du temps à voir le vrai visage de Giorgos, l’ami d’enfance de Ioannis, le riche bienfaiteur.
    J’ai aimé suivre Ariana, la petite-fille d’Aridné et Ioannis, son corps rempli de tatouages de son rêve de retrouver la maison du 14, rue Ilios.
    J’ai aimé le Tis Khamenis Polis, littéralement Café de la Ville Perdue où la narratrice vient écrire.
    J’ai découvert l’Enosis : la volonté des chypriotes grecs d’être rattachés à l’Etat Grec.
    J’ai eu de la peine pour Aridné, cette jeune fille révoltée et militante qui se laisse happée par le quotidien.
    J’ai aimé le chat qui trouve à manger des deux côtés de la frontière.
    Une lecture éclairante et pleine d’humanité sur un conflit en dormance.
    Une citation :
    Les lignes et les limites, finalement, n’étaient infranchissables que pour ceux qui les avaient tracées. (p.308)
    L’image que je retiendrai :
    De part et d’autre de l’île, on mange beaucoup, et les plats cuisinés sont les mêmes, juste un peu plus épicés côté turque.


  • Conseillé par (Mémoire 7)
    21 janvier 2022

    Une épopée très personnelle sur les traces de l'histoire chypriote. Intense !
    - Guillaume -


  • 13 janvier 2022

    Au café de la ville perdue

    A Varocha, ancienne cité balnéaire sur l'île de Chypre, les maisons s'effondrent, disparaissent et s'effacent emportant avec elles les souvenirs et les histoires des habitants. En effet, Varocha s'est figée en 1974, suite à l'annexion du nord de l'île par la Turquie. Désormais entourée de barbelés, minée, la ville est laissée à l'abandon attendant un improbable réveil. A quelques kilomètres de là, de nos jours, une jeune écrivaine française s'installe chaque matin à la terrasse d'un café pour tenter d'écrire, de restituer le destin douloureux de l'île et de ses habitants où communauté grecque et communauté turque se déchirent. Mais l'histoire se dérobe à elle et la narratrice peine à donner sens et vie à son texte...jusqu'à sa rencontre avec Ariana une jeune serveuse qui tatoue sur sa peau son histoire et celle de son île. A. Llobet compose son roman par petites touches, alternant les points de vue et les époques, passant de la grande histoire aux vies singulières sans jamais perdre son fil romanesque. Par le biais d'une langue expressive, elle nous livre un récit saturé de couleurs, de sensations et d'émotions, un récit qui nous parle de mémoire, de nostalgie et d'héritage avec justesse et sensibilité. A découvrir