Eichmann à Buenos Aires

Ariel Magnus

Éditions de l'Observatoire

  • par (Librairie Grangier)
    24 août 2022

    Les dernières années de cavale d'un nazi en fuite, romancées avec brio dans un livre dérangeant, grinçant et caustique ! Alexis


  • par (Librairie La Grande Ourse)
    25 octobre 2021

    Incisif et troublant

    Le titre évoque immédiatement le Eichmann à Jérusalem, d'Hannah Arendt, sous-titré « Rapport sur la banalité du mal », paru en 1963, après le procès d'Adolf d'Eichmann, auquel la grande philosophe allemande avait assisté à Jérusalem.
    Eichmann, c'est l' « architecte de la solution finale ». C'est lui qui a organisé la logistique de la déportation de millions de Juifs européens vers les camps de la mort, avec l' efficacité qu'on sait. A la chute du Reich il a fui, comme des milliers d'autres nazis, vers l'Argentine, où le gouvernement de Juan Perón les accueillait à bras ouverts. Il a vécu là bas, principalement à Buenos Aires, dans une discrétion toute relative, jusqu'à son enlèvement en 1960 par les services secrets israéliens, et son jugement, puis son exécution, en 1962 à Tel Aviv.
    Tout en reconnaissant sa dette à l'égard d'Hannah Arendt, Ariel Magnus reproche à celle-ci de dépeindre Eichmann comme un imbécile, et « de ne pas lui reconnaître la moindre once de l'aptitude humaine qu'elle estimait le plus » [l'intelligence]. Il n'a fait qu'obéir aux ordres, en gros.
    S'appuyant sur diverses sources, Ariel Magnus, dans ce qui est d'abord un roman, fait d' Eichmann un médiocre certes, mais qui reste un nazi convaincu. Qui ressasse sa frustration de ne pas avoir mené à bien la tâche qu'on lui avait assignée, purger l'Allemagne de tous ses Juifs. Qui relit l'Histoire à sa manière, transforme le nazisme en conte merveilleux. Qui s'invente une probité à propos de faits anecdotiques, et construit un argumentaire fallacieux qui lui permettrait au cas où il serait jugé de soutenir qu'il n'a pas éliminé des millions de Juifs, mais tout au plus quelques milliers.
    Pourquoi s'intéresser à un tel personnage, peut-on se demander ? Parce que ce que cherche et parvient à éclairer, avec talent, Ariel Magnus (lui-même petit-fils de Juifs allemands réfugiés en Argentine et dont le père vouait une haine toute particulière à Eichmann), c'est d'abord, sinon une pensée, du moins un discours, qui mêle déni de réalité, falsification de l'histoire et délire obsessionnel. Appelons cela négationnisme, complotisme, ou tout simplement antisémitisme, et le propos devient alors d'une troublante actualité. C'est la force de ce bref et incisif roman.

    Jean-Luc


  • par (Vauban)
    20 août 2021

    Qui se souvient ou sait qui se cachait derrière ce nom d'emprunt, Ricardo Klement ?
    Ce nom que Adolf Eichmann prit lorsqu'il s'installa impunément en Argentine. Ce roman de Ariel Magnus résonne comme un glas. Une vie ailleurs, autrement et parmi d'autres qui connaissaient ou pas le passé du SS Obersturmbannführer Eichmann.