Le Voyant d'Étampes

Abel Quentin

Éditions de l'Observatoire

  • par (Fontaine Haussmann)
    19 octobre 2021

    Mauvais sort

    Abel Quentin dénonce avec brio la violence des réseaux sociaux, le harcèlement sous couvert d'anonymat ainsi que les dérives identitaires grâce à un roman habilement construit et un personnage attachant.


  • par (La Droguerie)
    9 octobre 2021

    L'histoire d'un universitaire qui a vieilli et tente de comprendre le monde en remettant en cause toutes ses convictions y compris les plus profondes. Une belle écriture, une grande intelligence, un magnifique roman contemporain !


  • par (Les Saisons)
    1 octobre 2021

    Entre Michel Houellebecq sans le cynisme et Philip Roth avec autant d'humour, un impeccable roman, habité et lucide sur notre époque. Un jeune romancier qu'il faudra suivre absolument.


  • par (Librairie Coiffard)
    13 septembre 2021

    Conseillé par Stéphanie

    Jean Roscoff, l'anti-héros le plus attachant de cette rentrée, est un homme fraîchement retraité, divorcé inconsolable et alcoolique (un peu plus que sur les bords). Jean Roscoff est ce qu'on peut appeler un homme de gauche. Il a vécu tous les combats des années 80, et le voici aujourd'hui, traînant ses regrets et ses échecs comme de grosses casseroles.
    Professeur d'université, sa carrière n'a jamais décollé. La faute à "pas de chance" : on prouva  définitivement que les Rosenberg étaient des espions alors que quelques jours auparavant il publiait un ouvrage défendant l'innocence de ces derniers...Maintenant qu'il ne travaille plus, et pour ne pas s'enfoncer dans une déprime insondable noyée dans l'alcool, Jean Roscoff a décidé depuis quelques semaines de se replonger dans un travail d'écriture abandonné quarante ans auparavant. Ce livre sera consacré à Robert Willow, un poète inclassable, un jazzman doué ayant fui le maccarthysme dans les années 50 pour s'installer en France. Compagnon de route des intellectuels parisiens de l'époque, il finit pourtant par s'isoler à Etampes pour écrire. Il se tua dans un accident de voiture dans les années 60. Depuis tout le monde a oublié cet américain si particulier.Ce que Jean Roscoff n'imagine pas un instant, c'est qu'en publiant à quelques dizaines d'exemplaires cette biographie chez un éditeur confidentiel, il va se retrouver très involontairement sous le feu des projecteurs, au centre d'une croisade d'une grande agressivité sur les réseaux sociaux. Et voici notre pauvre Roscoff persécuté, vivant une descente aux enfers à la fois tragique, absurde et drôle. Abel Quentin ose s'emparer de thèmes extrêmement sensibles et difficiles avec une grande habileté : racisme, anti-racisme, appropriation culturelle, dictature des réseaux, cancel culture ... Jean Roscoff est d'une autre génération, d'un autre combat et se trouve complètement dépassé. On referme ce livre un peu sonné par l'histoire de ce perdant magnifique, et très admiratif de l'intelligence avec laquelle l'auteur a su le mettre en scène.


  • par (le Carnet à spirales)
    24 août 2021

    Abel Quentin signe un formidable roman sur un personnage « ordinaire » qui découvre, naïf contemporain, qu’imposer ses idées est devenu un combat, que l’échange d’arguments a disparu au profit d’une rhétorique unilatérale bien huilée, que pour s’exprimer dans les médias, il faut en connaître et maîtriser les codes.

    Jean Roscoff fut brillant. Un vernis de salon sur des parquets devenus glissants avec le temps. Ce normalien, détaché savamment des affres quotidiennes, détaché volontaire de la course à la réussite qui le fuit, fut militant forcené chez SOS Racisme. Il croyait en un avenir radieux, un horizon dégagé, une société qui se transformerait harmonieusement. Mais Jean Roscoff est désormais, comme d’autres, un bout de terre, un « Finistère », qui se détache peu à peu et se perd en mer. Noyé par ses idéaux, convaincu que ses combats passés restent chevaleresques, il se noie, dans l’alcool également. Alors, trente-cinq ans après, qu’est-il devenu ? Lui, le dandy cynique des années 1980, flirtant avec ceux qui seront au pouvoir deux décennies plus tard, se perdant dans la conquête du sexe « faible ». Qu’est-il devenu, avachi sous trente kilos de trop, vivant seul, jeune retraité arc-bouté sur ses certitudes devenues archaïques. Trente-cinq ans plus tard, il termine et publie enfin un livre, une biographie. Trente-cinq ans plus tard, il devient la cible de ceux qui, déchaînés pour presque rien, poursuivent et pendent sur la place publique de la vindicte populaire ceux qui ont fauté. Mais Roscoff a-t-il vraiment fauté ? En fait, Robert Willow est devenu son obsession. Américain fuyant la folie maccarthyste des années 1950, trouvant refuge auprès de Sartre et de ses disciples, Robert Willow est mort piteusement, sur une petite route entre Barbizon et Milly-la-Forêt, après quelques années d’ermite à Étampes. Robert Willow, le poète adulé par Roscoff, auteur de deux recueils aussi mystérieux que confidentiels. Robert Willow que Roscoff rêve en espion infiltré dans les cellules communistes françaises. La biographie est enfin publiée chez un tout petit éditeur. L’omission d’une information capitale sur la personne de Willow est qualifiée d’appropriation culturelle selon certains lecteurs. Mais c’est un parti pris pour Roscoff. Les réseaux sociaux s’emballent, se déchaînent, poussent à la vengeance. Quid alors de la notion de nuance ?

    In "Page des libraires" - Septembre 2021


  • 19 août 2021

    Coup de cœur de la chouette

    Professeur alcoolique à la retraite, Jean Roscoff se retrouve embarqué, bien malgré lui, dans le feu des questions identitaires qui traversent nos sociétés. Une belle occasion de se pencher, avec une pointe de cynisme, sur une époque où l'on cherche à tout étiqueter, à n'importe quel prix.


  • par (Librairie Espace-Temps)
    24 juillet 2021

    UNE SAINE CRITIQUE DES DERIVES IDENTITAIRES

    Jean, professeur universitaire retraité, a écrit un livre sur le poète américain Robert Willow qui a quitté les USA à cause du communisme dans les années 1950, est venu en France à Etampes, où il mourut suite à un accident de la route. Mais ayant négligé le fait qu'il était noir dans la biographie, Jean se retrouve au cœur d'un scandale mené par les médias dominants, dont les réseaux sociaux ! Il se voit lâché par ses proches, qui lui demandent de se repentir !
    Belle démonstration de la spirale démoniaque de notre époque « bien pensante » !