Des jours d'une stupéfiante clarté

Aharon Appelfeld

Éditions de L'Olivier

  • 30 mars 2018

    camp de concentration

    Theo Kornfeld a vingt ans lorsqu’il quitte le camp de concentration que ses gardiens viennent d’abandonner à l’approche des Russes. Il n’a qu’un seul but : retrouver la maison familiale.

    Errant sur les chemins, blessés au plus profond d’eux-mêmes, les déportés qu’il croise lui rappellent l’horreur à laquelle il a survécu, tandis que d’autres figures émergent de son passé. Celle de sa mère, Yetti, une femme à la beauté exceptionnelle, au caractère fantasque, qui aimait les églises, les monastères et l’œuvre de Bach.

    Celle de Martin, un père trop discret que Theo va apprendre à mieux connaître.

    J’ai aimé faire la route avec Theo : les paysages de printemps et d’été clairs et luxuriants. Le café qu’il boit sans cesse, ses endormissements soudains, son envie de vivre.

    J’ai aimé les souvenirs de sa mère, cette femme fantasque capable de tout pour voir une icône dans une église reculée.

    Mais je n’en ai pas appris beaucoup sur le père de Theo, malgré l’amitié de celui-ci avec son ancienne amoureuse.

    J’ai été surprise par certains dialogues qui sonnaient creux à mes oreilles, comme de débattre sur le fait que les survivants des camps devaient rester grouper, ou s'ils pouvaient partir chacun de leur côté.

    La peur est omniprésente, et cela m’a dérangé et interpellé : la peur que j’ai ressenti n’a duré que le temps de ma lecture. Celle des anciens déportés était sans fin.

    Un roman sur le difficile retour à la maison.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de la nourriture distribuée gratuitement tout au long de la route, accompagnée de litres de café.

    http://alexmotamots.fr/des-jours-dune-stupefiante-clarte-aharon-appelfeld/


  • par (Librairie L'Armitière)
    19 mars 2018

    Un roman d'une éblouissante beauté

    Un homme évoque sa mère alors qu'il vient de quitter le camp de concentration où il avait été détenu. Son ultime but est de retrouver ses parents. Alors il prend la route, traverse des contrées enneigées, croise des personnages empreints d'humanité et cherche à retrouver sa véritable place auprès d'eux.
    À la croisée de la fable onirique et du portait d'une famille disloquée, les scènes se succèdent et mêlent, avec délicatesse, présent et passé.
    La justesse des mots éblouit le lecteur et l'accompagne dans ce difficile apprentissage de la confiance retrouvée dans l’être humain.
    Même si l'enfance est broyée par le cours de l'Histoire, la bienveillance reste au cœur de ce texte. Et l'on referme ce beau roman avec un sentiment d'apaisement .


  • 1 mars 2018

    Ouvrage posthume d'Aharon Appelfeld, ce roman reprend les thèmes chers à l'auteur : les temps heureux avant la catastrophe, la déportation, l'errance et la difficulté de se reconstruire sur des bases entièrement nouvelles.
    Theo vient d'être libéré du camp n° 8 et il a pris la route, seul, laissant derrière lui ses compagnons de déportation. Son but est de marcher tout droit jusqu'à la petite ville d'où il venait pour retrouver ses parents, surtout sa mère, Yetti. Il a vingt ans.
    Sur les routes, d'autres déportés errent, le plus souvent en groupe, désorientés, se nourrissant de vivres abandonnées par les soldats allemands, soignant ceux qui peuvent l'être, bricolant des abris de fortune. Théo ne se sent pas à l'aise avec les autres, il se reproche d'avoir abandonné ses camarades, alors qu'ils l'avaient aidé à survivre. Sans eux, il serait mort du thyphus.
    Réfugié depuis quelques jours dans une cabane où il a trouvé tout ce qu'il lui faut, il accueille Madeleine, une femme couverte de plaies. Il se trouve qu'elle a bien connu son père. Il est heureux qu'elle lui raconte l'homme qu'il était. Obnubilé par sa mère, il est triste d'avoir méconnu cet homme bon et généreux.
    Malgré son absence de forces physiques, Théo reprend la route et ses journées se déroulent entre rencontres et divagations. Toujours son esprit revient à sa mère, une femme à la beauté fracassante, fantasque et inconséquente, subjuguée par les églises et leurs chants. Elle n'aime rien tant que visiter des monastères et entraîner Théo dans des escapades soudaines et coûteuses. Il lui était viscéralement attaché, ébloui par ses fantaisies et son ascendant sur les autres.
    Théo irrite les hommes qu'il rencontre en parlant de sa mère et de son amour des églises. Après ce que les Juifs viennent de vivre, on le prend pour un provocateur et il se croit poursuivi par un groupe qui voudrait le punir.
    Livre posthume de l'auteur, c'est un des meilleurs que j'ai lus. Il y a le côté poignant des survivants, errant dans la campagne, ayant compris pour la plupart qu'ils ne retrouveraient personne et que le monde qu'ils avaient connu a sombré définitivement. Et il y a les souvenirs d'enfance de Théo avec sa mère, poétiques, ouverts sur le rêve et l'inconnu, revenant à une époque où tout était possible.
    L'écriture est magnifique. A découvrir absolument.


  • 25 février 2018

    L'enfant sauvage

    Il n’aura pas vu la sortie de son ultime texte, en France, ce pays qu’il aimait tant et où ses écrits étaient particulièrement estimés. Aharon Appelfeld qui vient de nous quitter était un immense écrivain israélien, sinon le plus grand. «Histoire de ma vie », qui sera récompensé du prix Médicis étranger, le fait connaître du plus grand nombre mais ses récits qui tournent autour de son enfance l’avaient déjà rendu célèbre internationalement.

    **Des années de sang et de feu**

    Et de quelle enfance  parle-t-on ! Né en Bessarabie en 1932, il voit sa mère mourir à côté de lui pendant la guerre, puis arrive la marche forcée avec son père en direction d'un camp dont seul il parvient à s’échapper. Le jeune Aharon est cet enfant sauvage, qui survit dans les forêts, aidé parfois par les partisans mais plus souvent laissé à lui même quand il n’est pas battu ou dénoncé. Enrôlé comme cuistot par l’Armée rouge, il arrive en Palestine en 1946 ….. et apprend l’hébreu au point de devenir professeur de littérature à l’université.

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