LE JARDIN DU DEDANS-DEHORS

Le jardin du dedans-dehors

Chiara Mezzalama et Régis Lejonc

Des Elephants

  • par (Association des Librairies Spécialisées Jeunesse)
    20 décembre 2017

    LAURÉAT Prix Sorcières 2018 catégorie CARRÉMENT BEAU MAXI

    Avec son trait épais et ses couleurs riches l’image de couverture attire, de même que le format du livre, l’épaisseur du papier. Mais derrière cette image de carte postale - frère et soeur se tenant par la main dans un décor chatoyant - la terreur gronde en rouge et noir. Chiara Mezzalama, l’auteure-narratrice, explique : son père devient en 1980 ambassadeur d’Italie en Iran alors que le pays subit la révolution islamique et l’invasion irakienne. Le jardin de l’ambassade devient un paradis pour les jeux qu’elle partage avec son frère, sans qu’ils ignorent toutefois la guerre de l’autre côté. Un jour un garçon venant du “dehors” entre dans le jardin. Tandis que le frère vit cette intrusion comme dangereuse, la sœur y voit l'occasion de se faire un nouvel ami. L'opposition des deux mondes des personnages passe par un code couleur simple mais efficace : des teintes vertes pour signifier le jardin, l'intérieur, la sécurité, et les nuances de rouge pour souligner le danger et la violence de ce qui se passe dans le reste du pays. Une très belle histoire d'amitié qui fait fi des frontières et des préjugés et contre laquelle rien, pas même la guerre la plus crasse qui soit, ne peut quoi que ce soit.


  • 29 novembre 2017

    Une subtile intrusion du dehors (le chaos) dedans (la paix)...

    = Il y a le dedans, le dehors, puis le dedans-dehors… Un album autobiographique, magnifique et terrible. Quand Chiara M. était enfant, son père a été nommé ambassadeur d’Italie en Iran, en pleine guerre Iran Irak, en plein chaos. Mais la famille loge dans un ancien palais, avec un grand parc merveilleux. C’est le dedans, avec du bleu, du vert, la vie, un cocon de paix. De l’autre côté du mur, c’est dehors, c’est la guerre, la peur, du noir, du rouge. Un jour, un garçon venu du dehors, Massoud, saute le mur et Chiara, loin de le renvoyer, en fait son ami secret. Leur terrain de jeu est devenu le dedans-dehors . C’est donc un album sur la vie d’enfants très privilégiés (excellente remise en contexte de l’auteur en préface) mais surtout sur l’enfance, l’amitié, les jeux, l’imagination … plus forts que la bêtise des hommes. Tout est splendide, texte, illustrations, propos et qualité du papier. Un album magnifique, pour tous.


  • par (Librairie Chantepages)
    28 septembre 2017

    L'amitié plus forte que la guerre

    Deux enfants, un frère et une sœur, vivent avec leurs parents dans un palais avec un immense jardin, dans une ville tombée aux mains de l'ayatollah Khomeini et de ses hommes ; nous sommes en 1979, le sha d'Iran a été déchu et a fuit le pays, qui est devenu la République islamique d'Iran. Les deux enfants vivent dans la sécurité de leur jardin, loin des bombes, loin de la violence des religieux, les deux mondes étant séparés par un mur. Un jour, un garçon ose franchir le mur et venir jouer dans ce jardin... Tandis que le frère voit cette intrusion comme dangereuse, la sœur voit là l'occasion de se faire un nouvel ami.
    Le Jardin du dedans-dehors est un mélange d'album et de bande dessinée, si l'on s'appuie sur le découpages des pages en diverses cases et sur l'incursion de phylactères. L'opposition des deux mondes passe par un code couleur simple mais efficace : des teintes vertes pour signifier le jardin, l'intérieur, la sécurité, et les nuances de rouge pour souligner le danger et la violence de ce qui se passe dans le reste du pays. Outre le contexte historique et géographique dans lequel se déroule l'histoire, on peut également voir une opposition entre la Nature et les ravages causés par l'humanité, et l'arrivée du petit garçon dans le jardin viendrait tordre le cou aux idées fatalistes pour qui l'espèce humaine est le Mal incarnée qu'il faudrait détruire à tout prix.
    C'est, surtout, une très belle histoire d'amitié qui fait fi des frontières et des préjugés et contre laquelle rien, pas même la guerre la plus crasse, la plus basse qui soit, n'y peut quoi que ce soit.